DEPECHE MODE STORY Part 16 : Playing the angel (2005)

Publié le par DEVOTIONALL

Avec PLAYING THE ANGEL, Depeche Mode aurait donc bouclé sa propre trilogie ? Un peu à l’instar de ce que les Cure ont réalisé, avec les trois albums acclamés par les fans,

Faith/Pornography/Disintegration; il est en effet probablement cohérent d’ajouter PTA à la suite des deux belles réussites que ce sont Black Celebration et Violator. Chacun de ces disques est axé sur le coté sombre des Mode, possède un son ample et lourd, et a contribué à une relecture de l’image du groupe, à des moments clé de sa carrière. Ainsi, alors qu’on pouvait légitimement penser que DM aurait fatalement fini par faire l’album de trop et devenir obsolète, Playing the angel est au contraire une tentative réussie de jonction entre deux publics : celui des trentenaires ou des quadras, fans de la première ou de la seconde heure, et des ados ou post ados, toujours à la recherche de nouveaux héros romantiques en qui s’identifier, et qui ont trouvé dans le malaise post moderne des compositions de Gore, et dans le travail de production de Ben Hillier, une raison de plus de désespérer. PTA n’est pas un album innocent et vide de sens, mais son fond est porté par une forme dynamique et pétillante qui en fait forcément une réussite commerciale évidente. Le single « Precious », froid et mélancolique, qui fait écho au divorce de Gore, ne saurait faire oublier les évidences mélodiques et la pop imparable de titres comme « Lilian » ou encore de l’autre single ironique et dansant, « Suffer well ».

 

A la limite de la surproduction, PTA a mis un tigre dans le moteur. « John the revelator », énième clin d’œil à la religion, cette fois sarcastique, a bénéficié sur le web d’un clip fait maison par des internautes, où les paroles de Gore illustraient parfaitement les agissements de Bush Fils à la Maison Blanche. Inversement, « A pain that i’m used to », un titre classique qui joue à fond sur la corde sensible depechemodienne ( pain + refrain imparable + gros son de synthé débridé à la « Dead of night » ) remporte la palme de la vidéo la plus stupide, un vulgaire hymne au tuning qui nous fait regretter, oh combien, le travail de fourmi de Corbijn. Gahan bénéficie pour la première fois d’une carte blanche pour signer 3 titres, qui se fondent finalement sans grand mal dans l’ensemble de l’album, et on appréciera particulièrement « Nothing’s impossible », une comptine martiale aux voix trafiquées, à mon sens un des sommets de cet album. Autre pic de qualité, le final « The darkest star », au parcours accidenté et ciselé à merveille, et doté de surcroit d’un pont de toute beauté comme on n’en avait plus entendu depuis « Higher Love ». « I want it all » ( balade romantique un peu faiblarde ) et les chansons interprétées par Martin ( The damaged people, qui tarde à décoller, voire ne décolle jamais ) ralentissent quelque peu la vitesse de croisière générale, et permettent une pause de récupération à un groupe qui continue, 25 ans après son apparition, à surfer allègrement sur l’air du temps, dans perdre un instant de vue son identité et sa crédibilité. Martin peut même se coller des ailes dans le dos et débarquer ainsi sur scène à presque 45 ans, aucun auditeur qui se respecte ne perdra de temps à ricaner, tout heureux que nous sommes tous de retrouver les trois de Basildon avec autant de mordant ! (7,5/10)

Publié dans MUSIC

Commenter cet article