DISTRICT 9 : Les immigrés de l'espace

Publié le par DEVOTIONALL

Dernier film en date sur les écrans, avec pour toile de fond une « invasion » extraterrestre, DISTRICT 9 a en tous les cas une base de départ qui sort des canons classiques. Tout d’abord, on n’assiste pas ici à l’arrivée puis l’installation des affreux hommes verts ( en réalité des sortes de crevettes sur pattes ) : l’exposition des faits se fait à vitesse grand V, et on apprend ainsi que pour une fois, la présence chez nous de ces aliens est tout sauf conquérante : ils sont tout bonnement en rade avec leur vaisseau gigantesque depuis des années, comme s’il était mu par un vulgaire moteur de Fiat Punto. Autre particularité, ils n’ont pas choisi comme à l'acoutumée de faire de New-York leur terrain de jeu, mais se retrouvent parqués contre leur gré dans un camp de réfugiés des plus sordides, aux portes de Joahnesburg, en Afrique du Sud. C’est là que réside tout l’intérêt de la première demie heure, qui oscille entre pathétique et comédie, critique sociale et satyre réussie. Ce District 9 se présente à nous comme un film de Sf plutôt « cheap » où les deux camps, humains opportunistes et extraterrestres livrés à eux-mêmes, en prend pour son grade. On a beau chercher, on trouve finalement assez peu « d’humanité » dans ce sombre tableau, que vient compléter une équipe de spécialistes chargés d’organiser une vaste évacuation, vers de nouveaux lieus isolés. Un immigré est toujours un immigré, personne n’en veut chez soi, qu’il soit basané, jaune, ou doté de mandibules. Hortefeu applaudirait des deux mains, que diable, point de sensiblerie sur ces sujets !

Là où ça se corse, c’est quand le responsable de l’opération d’évacuation manipule sans précaution une sorte de spray extraterrestre, qui lui envoie à la figure un jet néfaste. Pas la peine d’être un prix Nobel pour comprendre ce qui va advenir au malheureux, qui va vite se retrouver fort malade ( à coté la Grippe A est vraiment à mourir… de rire ) et avec une pince de crustacé en guise de main gauche : ça s’appelle combinaison de l’ADN, et ça n’augure rien de bon. D’autant plus que cette particularité fait de lui le seul être coté humain à pouvoir utiliser la technologie des armes aliens. Pour le coup, adieu audace et innovation, retour à la case « science fiction pure et dure » avec la menace d’une contamination, et la lutte d’une victime pour sa propre survie. Coté esthétique, ce n’est guère mieux : nous avions eu une très bonne entame sous forme de faux documentaire, voici que nous poursuivons avec un film classique, un blockbuster de plus, bien qu’assurément meilleur marché ( 40 millions de dollar, ce qui est peu pour une production Peter Jackson de cette envergure ). L’impression définitive est que le postulat de départ, qui est à louer, est tombé à plat beaucoup trop tôt, et qu’il a fallu boucler District 9 en recourant aux ficelles convenues, pour en faire un produit appétissant qui fera recette. Le tour de passe-passe a bien fonctionné aux States, où le film a enregistré de bons résultats cet été, mais il nous empêchera tout de même de le ranger dans la catégorie des réussites de la rentrée. En somme, inachevé. (6/10)


Publié dans AU CINE CE SOIR

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