DEPECHE MODE STORY : Exciter (2001)

Publié le par DEVOTIONALL

DEPECHE MODE STORY Part 14 : Exciter (2001)




Est-ce que j’aime aveuglément Depeche Mode au point de prétendre qu’ils ont toujours su faire mieux, d’un album à l’autre, sans jamais produire quelque chose d’un peu moins bon, moins excitant ? Exciter, justement. Vous me voyez venir ? S’il est un album dont la qualité globale reste loin d’être mauvaise ( au contraire ! ) mais qui ne m’emballe pas, dans la discographie récente des Mode, c’est celui-ci. La production avait été confiée à Mark Bell, le génie derrière LFO, producteur du Homogenic de Bjork, qui n’a pas son pareil pour truffer les morceaux de petits « blips » electro mais qui a oublié, tout simplement, d’insuffler suffisamment d’énergie pour coller au standard du groupe. Dès le single annonciateur, « Dream on », qui n’est pas sans rappeler la rythmique obsédante de Personal Jesus, on perçoit que le potentiel du disque sera réel mais inachevé. Les boîtes à rythmes s’emparent de l’atmosphère, les quelques riffs de guitare se font moins mordants, plus mesurés que de par le passé immédiat. L’ambiance est parfois un peu trop glaciale, et on a du mal à trouver l’interrupteur pour augmenter le chauffage. Alors parfois ça fonctionne, comme sur « Freelove », très jolie démonstration de romantisme, dont j’adore la version 7 »inch sortie en single. Ou encore « Goodnight lovers », tout en retenue, qui vient clore Exciter avec une berceuse chuchotée ou Gahan chante de mieux en mieux. « The dead of night » est l’intermède le plus pêchu, une parodie crépusculaire introduite par une véritable sirène d’usine qui vous frappe l’estomac d’un direct du droit.

 

Mais que de titres lents, mid-tempo, qui tardent à décoller. « Comatose » ou encore « I am you » ont toutes deux le potentiel nécessaire pour figurer sur un album de DM, mais à force de sentir l’orgasme arriver, on doit se contenter d’un « coitus interuptus » frustrant. « I feel loved » est anecdotique, un bon titre dansant, idéal pour réintroduire DM en discothèque mais rien de plus. En live, elle sera vite éliminée, le groupe ne réussissant pas à reproduire certains effets du disque. « The sweetest condition » bénéficie d’une belle guitare slide et peut dérouter les auditeurs les plus anciens par son parti pris audacieux. « Breathe » est incroyablement faiblarde et sans inspiration pour un titre chanté par le père Gore, une torch song sans saveur. Après, qui aime bien châtie bien, et il faut replacer Exciter au sein de la production contemporaine, et là on ne peut qu’affirmer, sans trop se tromper, que DM a encore de beaux jours devant soi. Mais placé au sein de la discographie du groupe, et allez demandez aux fans hardcore sur les forums pour avoir confirmation, cet album n’a pas le sel attendu pour en faire un plat suffisamment relevé, et on aurait souhaité qu’il s’emballe un peu plus, par moments. Exciter, l’album de la sérénité retrouvée, garde un peu trop ses pantoufles aux pieds. (6,5/10)

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