DEPECHE MODE STORY : Music for the masses

Publié le par DEVOTIONALL

DEPECHE MODE STORY Part 7 : Music for the masses (1987)




De la musique pour les masses. Ironique ou pas, Depeche Mode voir grand. Sur le livret qui accompagne le disque, on trouve des haut parleurs qui diffuse la musique du groupe, dans le vide, sur fonds de paysages divers et variés. Anton Corbijn a pris en main l’aspect visuel et d’emblée ses idées vont contribuer à former une légende empreinte de mysticisme païen et de mystère profane. La musique, elle, est plus electronique et froide que jamais, sur certains des titres, comme « Behind the wheel », presque minimaliste, ou encore l’angoissant et grandiloquent « Pimpf » qui clôt l’album et ouvre la longue série de concerts que les Mode ont décidé de donner à travers le monde. Cela dit, on peut entendre également une volonté de renouer avec la pop plus immédiate des Lp précédents, tout en gardant la noirceur acquise l’année d'avant avec « Black Celebration ». Les singles sont imparables et fonctionnent à merveille. De petites perles de synthé pop adulte qui ont une vocation, celle de confirmer définitivement l’entrée de la New wave dans sa phase adulte, pratiquement à son apogée. Sexe et religion se mêlent harmonieusement, sans qu’on puisse bien comprendre quel concept motive l’autre, lequel est sacré, où est la priorité. « Never let me down » est encore à ce jour un des hymnes récurrents du groupe en live, un morceau qui bénéficie d’arrangements remarquables, et de nouvelles sonorités. « Strangelove » est lui un titre plus formaté pour le passage radio, immédiat et dansant, sans autre prétention que d’attirer l’attention du public sur ce « Music for the masses ».

L’introspection est très réussie, sur cet album. Avec tout d’abord le planant et presque lugubre « The things you said » chanté par Martin Gore, plus désenchanté que jamais. Le même revient plus tard narrer une histoire de désir et de luxure qui confine à la folie possessive avec « I want you now » et ses soupirs éloquents. Les effets dramatiques induits par la tentative de singer la musique classique, présents sur le déjà cité « Pimpf » rehaussent le très beau « Little 15 », message annonciateur de la corruption imminente de l’âme d’une adolescente. Un peu plus rock ( ou devrait-on dire indu rock ? ) « To have and to hold » retrouve les accents martiaux du disque précédent, truffé de petits sons intrigants, avec ce message en russe qui filtre derrière la musique comme une alerte urgente, et qui fait écho, par exemple, à la roue ( ou l’enjoliveur ?) et les portières qui claquent de « Behind the wheel ». De l’art et la manière de créer un second plan musical à partir du sampling, en ajoutant de petits éléments à priori anodins mais qui renforcent le pathos et la sacralité des morceaux. MFTM n’est pourtant pas le meilleur album de Depeche Mode. Il regorge certes de chansons rythmées et diablement efficaces, mais souffre légèrement de ce coté décousu, collection ou patchwork trop peu unitaire. Mais l’excellence de certains titres, et le succès tonitruant des singles, va propulser le groupe sur la route, pour une tournée de folie, qui va faire l’objet d’un documentaire vidéo et d’un double live audio, et qui sera le sujet de notre prochain épisode. Un album toutefois parfait pour capter, à son zénith et avant un déclin inévitable et rapide, tout l’esprit des années 80, dans ce qu’il avait de plus passionnant et innovateur. Bref, pratiquement un document historique, outre un plaisir évident ! (7,5/10)

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