PJ HARVEY & ROBERT PARISH : A woman a man walked by

Publié le par DEVOTIONALL

CD OF THE WEEK

Chaque lundi, l'album le plus attendu de la semaine, ou le meilleur, c'est au choix. A vingt euros le cd, autant savoir ce qui vous attend...

PJ HARVEY & ROBERT PARISH : A woman a man walked by



Cela fait quand même plus de douze ans que bien du monde attend la suite des œuvres conjointes de PJ HARVEY & ROBERT PARISH, après un très réussi « Dance Hall at  Louse Point ». Alors quand la chanteuse annonce courant 2008 une nouvelle collaboration assez particulière, on ne peut que commencer à tirer des plans sur la comète. Et oui, le disque étant tout chaud tout beau, on ne peut que confirmer la singularité de l’objet. Dès le single « Black hearted love », on retrouve la touche PJ avec ce rock/blues si caractéristique, mais rehaussé par la guitare abrasive de Parish, qui rend plus complexe et tortueux ce « A woman a man walked by ».Mais cette introduction n’est qu’illusoire, car bien vite nous entamons une plongée dans la barbarie et la détresse sentimentale et émotionnelle. « Leaving California and the soldier » est ainsi une petite pièce presque politique évoquant un soldat repenti qui marche sur les visages de femmes mortes. Bien plus étrange encore et assez déroutant, le titre éponyme du disque, avec cette déclaration brut de décoffrage de PJH : "That woman man, I want his fucking ass!" qui se termine ensuite dans un joyeux bordel instrumental, assez coloré et ensoleillé.

Dans ces petites histoires dramatiques et impitoyables, PJ Harvey a tendance à forcer la dose, à privilégier le fond sur une forme pas toujours crédible. Elle nous parle ainsi d’une mère qui sombre dans la folie après que son fils se soit noyé, nous narre la dissection méticuleuse d’une relation sentimentale qui a échouée, de la bouche de l’éconduit, mais elle sait aussi, dans « Sixteen,Fifteen,  Fourteen, » transformer un innocent jeu de cache-cache entre deux jeunes filles en une conclusion des plus haletantes et effrayantes, appuyée par un banjo hypnotiseur et un mantra final qui fait de la chanteuse une sorte de sorcière jetant des sorts plus qu’elle ne déclame dans le micro. C’est ainsi que fonctionnent souvent les chansons de PJ, avec ce coté théâtral, cet aspect grand guignol qui font d’elle une sorte de Nick Cave au féminin, encore plus débridée et mal barrée sur beaucoup de points. Ce qui peut irriter, ou au contraire attirer et retenir dans ses filets. A ceci ajoutons que l’entente entre la miss et Parish semble plus que jamais clairement justifiée et évidente ( soulignons aussi le travail de celui-ci sur d’autres albums comme le mythique « To bring you my love », même si sorti sous le nom propre de l’artiste protagoniste ) et vous comprendrez l’intérêt de cet album baroque, rencontre musicale entre Baudelaire, Rimbaud et la Famille Adams, pour un banquet au coin du feu dans un vieux manoir abandonné. Les blagues ne vont pas fuser autour du feu, mais si vous cherchez un peu le frisson, ça pourrait vous plaire… (7/10)

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