DEPECHE MODE STORY : Construction time again

Publié le par DEVOTIONALL

DEPECHE MODE STORY Part 3 : Construction Time Again (1983)




Avec l’album CONSTRUCTION TIME AGAIN, Depeche Mode n’accède pas encore à la phase adulte de son existence, mais est bel et bien entré dans une adolescence complexe. Désormais quatuor avec l’arrivée d’Alan Wilder qui signe deux des titres du 3° album et passe le plus clair de son temps à forger le son DM en studio, les gars de Basildon font évoluer leur musique, de la pop insouciante des débuts vers une approche plus « indu » à la « Einsturzende Neubauten », et des thématiques plus engagés, même si abordées de manière un peu naïves ou superficielles ( DM a des velléités écologistes dans « The landscape is changing » ou aspire carrément à une révolution universelle des mentalités sur le sous estimé « And then » qui clôt le disque. ). Titre emblématique de Construction Time, et premier single, le désormais célèbre « Everything counts » qui raille l’industrie du disque et son avidité et possède un refrain propre à séduire de nombreuses générations, même en concert (Everything counts in large amounts…). Le succès est présent, et le second single, « Love, in itself » est proposé dans la foulée. Pour être totalement honnête, il convient de dire que celui-ci est loin d’être un morceau inoubliable, parsemé de pseudos trompettes kitsch et avec des paroles somme toute banales.

Le son caractéristique de cet album est du à une machine, le Synclavier. La gamme proposée par le synthé ne suffisant plus, les Mode se rendaient sur les terrains vagues du quartier pour y enregistrer des effets bruts et réels retravaillés par la suite. Cela pouvait aller des enclumes qui s’entrechoquent aux simples murmures des cours d’eau, le tout torturé et déformé en studio. Un an plus tard, le célèbre fouet de « Master and servant » sera en réalité, suivant cette logique, le producteur Daniel Miller qui crache et qui siffle. Construction Time again passe aussi à la postérité pour sa pochette signée Brian Giffin, où on y voit un ouvrier métallo sur fond de paysage alpestre. En pleine période Thatcher le moindre signe indicateur d’une pensée socialiste dissidente était destiné à ne pas passer inaperçu, et ce ne fut pas le cas là non plus ! Au final, le très bon y fréquente le plus anecdotique, les morceaux du disque sont souvent bien enregistrés, modernes et innovants, mais souffrent d’un petit coté ingénu dû surement en partie à la moyenne d’âge du groupe ( 21 ans ) à l’époque. « Pipeline » est le plus audacieux d’entre eux, et semble un savant collage de tous ces sons déjà mentionnés, hymne au travail sidérurgique. « Two minute warning » ou « Shame » aussi bénéficient de trouvailles plaisantes, mais n’acquièrent pas pour autant une profondeur suffisante. « Told you so » est une chanson punk synthétique qui donnera l’occasion à un Dave Gahan de plus en plus désinhibé et électrisé de venir se frapper la tête à plusieurs reprises sur les enceintes, pendant les concerts ( certes, il fait semblant, le Gahan ). A noter que juste avant la sortie de « Construction Time », Depeche Mode avait rodé sa formule « pop plus sombre et mûre » avec un single isolé, « Get the balance right » qui restait toutefois d’une pop assumée assez flagrante. Preuve du manque de notoriété et de crédibilité du groupe, le réalisateur de la vidéo, confondant Alan Wilder (aux claviers) et Dave Gahan ( au chant ) se focalisera sur le premier pendant une bonne partie du clip, en inversant les rôles sans le savoir. Et personne n’osa le contredire pour cette méprise ! (6,5/10)

Publié dans MUSIC

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