FAUBOURG 36 ( de Christophe Barratier )

Publié le par DEVOTIONALL

 ***   GRAND ECRAN   ***

FAUBOURG 36 ( de Christophe Barratier )



Avec à peine un million et demi d’entrées depuis sa sortie, le film de Christophe Barratier peine à égaler le succès des « Choristes », qui avait ému la France entière, moins quelques esprits libres et raisonnables dont je fais partie, qui avaient été fortement intoxiqués par la pestilence réactionnaire et la mièvrerie sensationnelle de ce navet en chansons. Curieusement, ce second opus ( qui ne se relie en rien au premier si ce n’est la thématique ) est à mon sens meilleur, plus honnête, moins culcul la praline, mais fait un demi flop au box office, eu égard aux prévisions et attentes de la veille. La dure loi du cinéma ?


En 1936, l'élection du Front Populaire ravive tous les espoirs du peuple français. Pourtant, c'est la dèche chez Pigoil, régisseur au chômage depuis la fermeture du Chansoniat, music-hall de son quartier populaire, acquis sous la menace par le caïd Galapiat. Après une période d'abattement marquée par des excès d'alcool, puis par la perte de la garde de son gamin, Pigoil se reprend en mains. Avec l'aide du comique Jacky Jacquet et de l'éclairagiste Emile Leibovich, militant socialiste juif, le régisseur occupe le Chansoniat, dans le dessein de le réouvrir. Placé devant le fait accompli, Galapiat fait mine de consentir et impose à la troupe sa nouvelle protégée, Douce, dont la voix exceptionnelle assure un vif succès au Chansoniat. Mais les choses s'enveniment lorsqu'Émile s'éprend de la jeune femme. Mélo plus fresque populo populiste égale souvent le bingo à la caisse, mais pas toujours...

Tout est là pour que la pâte prenne : des acteurs reconnus, la nostalgie d’une France d’autrefois que presque personne n’a vraiment connu mais que tout le monde regrette, un matraquage publicitaire chez Drucker et ses amis, un scénario pas trop complexe pour que même Papy puisse suivre tout en léchant la casserole… Et pourtant que nenni, l’explosion tant attendue n’arrive pas. Les Chtis sont loin devant, au point que les bureaux de Poste de l’hexagone se couvrent de ridicule en inondant les clients de dvd et d’un packaging au couleur du film record. Kad Merad est drôle et fidèle à lui-même, Pierre Richard n’est pas mort et on le préférait quand même avant ( maladroit avec Depardieu ), Cornillac en fait des couches, et doit encore apprendre à jouer simple et vrai avant d’être un acteur que j’apprécie. Jugnot est Jugnot, c'est-à-dire que je ne le supporte guère, lui qui autrefois était si bon et amusant chez les Bronzés ( sauf le 3, pitoyable opération revival années 80 ). Peut être que le public a compris, durant ce Faubourg 36, que la misère et les problèmes sociaux ne sont jamais bien loin, même dans cette pellicule qui nous apprend donc que de tous temps, joindre les deux bouts et vivre une vie sereine et insouciante a été une vraie gageure… Bon sang, même dans cette France de carte postale, dans cette vague idée discutable que le passé c’était quand même autre chose, non ? Les vieux réactionnaires systématiques, qui remarquent qu’il y avait peu d’immigrés ( en gros, pas d’arabes, ou bien façon Tintin au Congo : toi y’en a gentil blanc ) et moins de violence sur le RER ( qui n’avait pas encore été inventé ) en France, se souviennent-ils aussi que les congés payés, le Rmi et l’assistance santé et sociale, tout cela était encore à venir … ? Attendons donc une prochaine bio pic du Maréchal Pétain, qui serait encore plus jubilatoire avec Christian Clavier dans un des rôles titres. Les Bronzés au Vel D’Hiv ? (5/10)



Comment ça je ne parle pas de Nora Arnezeder?
Mais puisque je vous dis qu'aujourd'hui c'est un papier polémique et très orienté.
On descend un film ou on ne le descend pas.

Publié dans AU CINE CE SOIR

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marie-pascale 20/11/2008 16:12

-Mais pourquoi est-il si méchant???
-Parce que!!!!
:-))