IL DIVO (De Paolo Sorrentino)

Publié le par DEVOTIONALL

 ***   GRAND ECRAN   ***

IL DIVO ( De Paolo Sorrentino )



Pour nos lecteurs ignares du fait, voici qui est Giulio Andreotti : un politicien présent sur la scène italienne depuis l’aube des temps, une figure incontournable qui a tiré les ficelles en coulisses et sur scène de la vie politique nationale des décennies durant. Le hic, c’est que Andreotti est associé, plus de près que de loin, à tous les scandales et tous les méfaits que la péninsule a connu depuis l’après guerre. De la mafia aux Brigades Rouges, du scandale de « Mani Pulite » aux francs maçons, on retrouve Giulio un peu partout, presque pris les mains dans le sac, mais jamais condamné. Aujourd’hui, il a pris plus de recul ( et subi un dernier procès qui a bien failli le perdre enfin ) et apparait pour beaucoup comme un « vieux sage sympathique », oubliant ainsi la vraie dimension sombre du personnage, qui a beaucoup contribué au délitement italien, lent et inexorable. Vieillard bossu aux verres à doubles foyers, malingre et aux oreilles décollées, il inspirerait presque la pitié si sa carrière n’était jonchée de cadavres et d’épisodes peu glorieux, qui ferait passer Pasqua et Bernard Tapie pour d’humbles et probes commerçants.

Le film est signé Paolo Sorrentino, chef de file du nouveau cinéma italien, réalisation léchée et esthétique au maximum, comme un long vidéo clip de presque deux heures, et avec une bande son admirable, comme toujours chez lui. « Il Divo », c'est-à-dire la star, la vedette, où le parcours d’un monument national italien, et de toutes ses bruyantes casseroles qui le suivent depuis toujours. Le film peut être vu comme un document à charge, féroce et impitoyable, au point que le chef historique de la Démocratie Chrétienne italienne, furieux de se voir ainsi pointé du doigt, aurait piqué une belle colère lors d’un visionnage anticipé de la pellicule. Sept fois président du conseil, vingt-cinq fois ministre, Giulio Andreotti est ici admirablement joué par Toni Servillo, le grand compère de Sorrentino, déjà excellent dans « Les conséquences de l’amour », l’autre grand chef d’œuvre du réalisateur. Burlesque et pathétique, mais toujours effrayant et glacial, son personnage est odieux et haïssable, presque autant que le vrai ! Edifiant et très bien construit, voilà un film italien qu’il faut absolument que puissiez voir. (8/10)



Sortie en salle, en France, le 31 décembre

Publié dans AU CINE CE SOIR

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dasola 29/12/2008 12:02

J'attends de voir ce film (le 31/12/08) avec impatience. Je suis contente pour le cinéma italien qui émerge (peut-être enfin) de sa léthargie. Bonne journée.