CAOS CALMO (Nanni Moretti) et L'INSTINCT DE MORT (Vincent Cassel)

Publié le par DEVOTIONALL

                       ***   GRAND ECRAN   ***

CAOS CALMO ( de Antonio Luigi Grimaldi )
et
L'INSTINCT DE MORT ( de J.F. Richet )



Nanni Moretti est un intellectuel de gauche, un peu lunaire et amant du verbiage, un personnage parfois irritant et souvent drôle, en tous les cas un réalisateur reconnu et récompensé. Dans CAOS CALMO ( Calme chaos ) il n’est qu’acteur mais tout le film repose sur ses épaules. On le retrouve au seuil de la cinquantaine et nouveau veuf, chargé de veiller sur sa fille. Il prend sa mission très à cœur puisque voici que notre homme d’affaire dans la vie ( il travaille pour une compagnie de distribution de films ) se pose sur le banc en face de l’école de la fillette, et décide de l’y attendre, tous les jours. Ou comment mettre son existence en mode pause, pour une longue réflexion philosophique sur ce qui fait la vie d’un homme, ce qui la définit quand l’absurde du quotidien et la douleur de la perte d’un être cher finissent par se mêler. Bien entendu, tout cela est un peu forcé et irréel, n’importe qui renonçant ainsi à sa vie professionnelle serait licencié en 24 heures et ne pourrait gérer son travail depuis un banc public pendant des mois. Mais il faut fermer les yeux sur ces aberrations pour apprécier la douce poésie qui parcourt le film, qui n’ennuie jamais durant une heure et demie, malgré un scénario aussi mince au départ. Un exercice de style réussi, qui a fait polémique en Italie, avec une scène de sexe torride et explicite, impliquant le gentil Nanni, pourtant un des acteurs les plus asexués du cinéma italien, mais qui ici se découvre une rage de faire insoupçonnée ! (7/10)



Jean François Richet propose la première partie de son diptyque sur Mesrine : à prononcer avec s muet ou pas, l’important n’est pas là. Dans la série « biopic », grandeur et décadence d’un personnage célèbre, je voudrais le criminel. Après le piètre film sur le casse de Nice par Spaggiari, cette fois les armes, la haine et la violence sont de sortie. Le début est laborieux, mais quand Vincent Cassel/Mesrine fait ses débuts en tant que bandit reconnu, on en a pour son argent. Mais qui est et que veut vraiment ce Mesrine ? Ne nous leurrons pas, on peut facilement le ranger au rayon des petites crevures, des malfrats qui n’auront, en définitive, que ceux et ce qu’ils méritent. Mais qui ont tout de même une trajectoire si atypique que certains leurs vouent un véritable culte ! Grenades sur des flics, retour sur les lieux du crime et évasion de complices au mépris du danger, on se prend à frissonner pour cette ordure qui avait aussi des accointances avec la « droite dure » pour employer un euphémisme. Le tout est filmé avec talent, grands effets et beaucoup d’action, au risque même d’en faire de trop quand ce n’est pas nécessaire. Cassel est à son aise, et on attendra donc le second volet avec intérêt. Même si comme toutes histoires vraies, on en connait déjà la fin ! (7/10)

Publié dans AU CINE CE SOIR

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