LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES

Publié le par DEVOTIONALL

Les Nuls, c'était quand même quelque chose, non? Il suffit de revoir "La cité de la peur", grand monument de l'absurde format "Esprit Canal" pour s'en convaincre. A l'époque ( celle ou il y avait encore Bruno Carette et où Faruggia n'était pas encore converti au sarkozysme primaire ) Alain Chabat me faisait bien rire, et puis au fil du temps, notoriété aidant, j'ai un peu décroché. Certes j'ai aimé son rôle dans "Didier", par exemple, mais pour le reste, ça me laissait froid. Nouvelle chance avec ce film, "La personne aux deux personnes", où il n'apparait en réalité que quelques minutes à peine, le reste du temps étant consacré à une présence "voix off" dans le corps d'un très bon Daniel Auteuil, en quadra bouffé par le travail et vieux garçon indécrottable. Idée de film un peu burlesque mais qui fonctionne finalement.

Ce film est l'histoire de Gilles Gabriel, ex-star de la chanson des années 80, qui meurt dans un accident de voiture causé par Jean-Christian Ranu, un petit employé coincé de la COGIP, une grande entreprise de la Défense. Mais Gilles Gabriel n'est pas totalement mort : son esprit a en fait atterri dans la tête de Jean Christian qui ne comprend pas bien qui lui parle tout d'un coup. Quant à Gilles qui conserve toute sa fougue, il n'a pas le contrôle des mouvements de son hôte. Gilles et Jean-Christian passent par tous les états avant de se rendre à l'évidence : il va falloir faire avec, à deux dans la même personne, malgré leurs personnalités opposées. Condamnés à une extrême promiscuité, ils vont s'apprivoiser, s'épanouir et se surprendre. Et le chanteur ringard va se donner comme mission de décoincer son binome, qui en a bien besoin...

La situation de départ est idéale pour toute une série de quiproquos, et en effet le film en est truffé. Passé la difficile et un peu laborieuse introduction au phénomène de double personnalité, les gags s'enchaînent et font passer un très agréable moment. Marina Fois est un peu plus sobre qu'à l'accoutumée et se cale très bien dans son rôle de secrétaire rigide, courtisée par un Daniel Auteuil à son avantage. La voix off de Chabat n'a pas toujours le ton juste, et récite parfois à coté de la plaque, mais comme le propos est divertissant, on ne s'y attardera guère. D'anthologie la scène en fin de film, où Ranu doit présenter un projet économique très austère devant une assemblée de sa boîte, et qu'il mène de main de maître, derrière un clavier et en chansons! Le final est un peu confus et manque de punch sauf pour les tous derniers instants qui vont vous faire sourire, forcément. Une comédie à prendre pour ce qu'lle est : sans grande prétention, mais suffisament armée pour vous dérider pendant une heure trente. (7/10)


Publié dans AU CINE CE SOIR

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Yaneck 26/07/2008 11:28

Une petite merveille made in Chabat, tout de même: Astérix Mission Cléopâtre.C'est tout à fait dans la veine de la Cité de la peur, en meilleur encore, je trouve.