COLDPLAY "Viva la vida"

Publié le par DEVOTIONALL

Pour présenter leur nouvel et quatrième album au public, COLDPLAY a d’emblée évoqué un disque « plus expérimental et politique », ce qui semble une bonne idée pour rompre avec la mièvrerie du précédent, trop lisse et identique au second pour être honnête. Du reste cet album s’ouvre sur les notes d’un instrument perse, le single « Violet hill » parle de prêtres avec des mitraillettes, et la moitié des chansons abordent le thème de la guerre, tandis que l’autre parle de religion, de Dieu et de mort. Viva la Vida est une tentative louable de s’affranchir d’un format usé mais efficace, qui a permis à Chris Martin et son groupe d’écouler un nombre faramineux d’albums, mais qui a aussi attiré d’immanquables critiques de par son coté lisse et gentillet. Et pourtant ce 4° effort studio reste taillé pour les stades et les grandes messes en public large. Tout y respire le consensus et la mélodie ciselée pour vendre sans la moindre anicroche. Brain Eno est aux manettes de la production, et cela s’entend sur nombre de titres, qui sonnent comme du U2 période Unforgettable Fire / Joshuah Tree, remis au goût du jour. La guitare de Jonny Buckland elle-même n’a jamais été aussi acérée et proche de celle de The Edge. . « Lost », peut être la plus aboutie de l’album, est d’ailleurs un de ces morceaux qui évoquent vite « I still haven’t found what i’m looking for » Si dans « Violet hill » Chris Martin chante ne pas vouloir être un soldat, le capitaine qui reste à bord de son navire alors qu’il est en train de couler, il affirme un peu plus tard dans « Lovers in Japan », que parfois même le combat des soldats est juste, lorsqu’ils sont dans leur droit. Même s’il n’incite clairement pas à la lutte guerrière, le refrain puissant et l’envolée lyrique qui l’accompagne est troublante et ambigüe ( j’entends les cloches de Jerusalem qui résonnent / Les chœurs de la cavalerie romaines qui chantent… ).

Alors oui ce disque est un peu moins frileux que le précédent, mais il reste tout de même assez inoffensif et peu audacieux, se concentrant avant tout sur l’écriture de belles mélodies, la recherche de refrains et de chants fédérateurs à reprendre en chœur. Ce qui n’est pas un défaut en soi, si on met de coté les attitudes messianiques de Chris Martin, aussi subtil que son compère Bono quand il s’agit de remporter la médaille d’or de l’engagement social et de la bonne conscience, beaucoup moins prompt quand on parle au contraire d’audace artistique. (6,5/10)

Publié dans MUSIC

Commenter cet article