MARADONA par Kusturica

Publié le par DEVOTIONALL

Diego Armando Maradona a été un des joueurs les plus marquants, et doués, de toute l’histoire du football. Probablement le plus grand, techniquement parlant, de tous les temps, si on le préfère au brésilien Pelé. Humainement, c’est une autre histoire. Diego n’a jamais été très bien dans sa tête, et ce fils de famille très modeste a vite eu la tête qui tourne devant les sommes colossales drainées par son talent. Il s’est injecté dans le nez suffisamment de poudre pour couvrir le déficit extérieur de l’Argentine, et ses relations, à Naples, fleuraient bon le politiquement incorrect, avec des accointances peu recommandables rarement évoquées quand on brosse le portrait du « Pibe de oro ». Kusturica porte cette parabole sportive à l’écran dans un film que je trouve pour ma part discutable. Emir Kusturica célèbre dans son dernier travail l’incroyable histoire de « Diego Maradona: héros sportif, Dieu vivant du football, artiste de génie, champion du peuple, idole déchue et modèle pour des générations du monde entier », pour citer le dossier de presse . De Buenos Aires à Naples - en passant par Cuba ( une des périodes les plus pathétiques de Diego, qui joue au basket avec Castro, ce dernier à complètement gâteux et tout heureux de trouver encore de telles figures prêts à le cautionner… - Emir Kusturica retrace la vie de cet homme hors du commun, de ses humbles débuts à sa notoriété mondiale, de sa fulgurante ascension au déclin le plus profond. Un documentaire unique sur «le joueur du siècle», filmé par son plus grand fan, mais qui au final, apporte peu ou pas grand-chose de nouveau. Car « fan », c’est bien là le problème. Saupoudrer les images de tango argentin, ériger au rang de nouveau Dieu un homme faible et moralement discutable, cela ne suffit pas à me convaincre. De Maradona je ne conserve en mémoire que ses slaloms enivrants, des buts spectaculaires et presque impensables, la danse tribale sur le terrain, balla au pied, qui ridiculise soudain l’adversaire. Hors des terrains, Maradona quitte l’habit de lumière pour la noirceur et l’immoralité. Qui se rappelle sa fuite de Naples, en direct sur les télés italiennes, ou ses frasques entre coke et grande bouffe, au point de risquer sa vie sur une surcharge pondérale invraisemblable comprend peut être ce que je veux dire. Quel talent, vraiment, un génie du foot. Mais aussi un petit homme en dehors des terrains, ou tout du moins, tout sauf un modèle. (6/10)


L'époque de la splendeur...

Publié dans AU CINE CE SOIR

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