PETER MOREN "The last tycoon"

Publié le par DEVOTIONALL

Quand vous atteignez enfin une certaine reconnaissance, que ça commence à « rouler » pour votre groupe ( ici les Peter Bjorn and John ) et que vous êtes entrés dans le Top Twenty anglais, vous avez normalement envie de fêter ça. Sauf si vous êtes Peter Moren ( le Peter du groupe c’est lui ) qui deux ans après son coup de maître réapparaît cette fois en solo, pour un album composé de morceaux plutôt folkys et assez sombres. Le titre du disque est d’ailleurs emprunté à une des œuvres inachevées les plus importantes de la littérature américaine, The love of the last Tycoon de Scott Fitzgerald. Après trois albums avec sa formation initiale, et pris dans un mouvement toujours plus grand de « leaders » épris de liberté, on pouvait facilement accorder un bon de sortie à Peter Moren et attendre au tournant sa première vraie production en solo. Avec un joli risque en prime car ces titres dépouillés et joués assis sur un ballot de paille au fond d’une grande abandonnée pourraient fort bien se perdre sous la lune et ne jamais vraiment trouver d’auditeurs…

L’album s’ouvre sur une méditation entre l’image et la perception ( Reel to reel ): “You seem to be terrified / ‘Cause you don’t know what to make out of someone / Like me” On ne rigole déjà plus et on s’attend à se prendre la tête, à deux mains, même. « Missing link » joue dans la même cour, avec des accords et des paroles qui respirent la fragilité et la précarité. Pour trouver un refrain digne de ce nom, et un peu plus d’entrain, il faudra lorgner du coté du single « Social competence », qui est en avant dernière position, et est en effet un bien joliment fichu de morceau subtil que j’aime beaucoup. Vous avez compris ? Pour le reste c’est vrai que traverser le désert sans gourde, c’est du sport et une passion pour certains, mais les dunes à perte de vue et les rafales de sables dans les yeux, ça ne sera peut être pas votre tasse de thé. Il flotte comme un parfum d’aridité dans cet album qui n’en fait pas franchement ce que je pouvais en attendre. Tout ça me donne soif, et je vous quitte pour un bon bol d’air frais, avec une note mi figue, mi raisin. (6/10)


Peter Morén "Social Competence"

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