GIANNI ALEMANNO : La droite au pouvoir à Rome

Publié le par DEVOTIONALL

 

La droite italienne ( Alleanza Nazionale, le parti de Gianfranco Fini ) a remporté la mairie de Rome ( Le Capitôle ) au terme des élections municipales du week-end dernier. Il s'agit d'un tournant historique car Rome est depuis toujours ancrée à gauche, et le candidat du Parti Démocrate, Francesco Rutelli, fut lui même maire de la capitole avant Walter Veltroni, le grand battu des récentes échéances nationales italiennes. Un camouflet particulièrement fort pour ce dernier, qui échoue donc dans la course à l'Italie, et voit son poulain désavoué dans son propre fief. Tout s'est joué sur le thème de la sécurité, cher aux romains depuis que près d'un million de roumains et de tziganes sans permis de séjour ont investi la région et semblent bénéficier d'une étonnante impunité, et du laxisme juridique italien. Devant les exactions toujours plus violentes et répétées, Rutelli n'avait trouvé, comme seule parade, que l'idée suivante : Faire porter à toutes les femmes romaines un bracelet électronique lorsqu'elles sortent de chez elles, afin de pouvoir vite les localiser en cas d'agression. Absurde, et franchement pathétique. L'incapacité de la Gauche de comprendre que les thèmes de l'insécurité et du respect de la loi ne peuvent et ne doivent pas rester l'apanage de la droite à donc conduit Alemanno au pouvoir.

53,65% des voix pour Alemanno!

Gianni Alemanno l'a emporté avec 53,65% des voix, contre 46,34% à son rival, le ministre de la Culture sortant et ex-maire de Rome Francesco Rutelli, le Jack Lang italien ( même superficialité mondaine...) 

Ce succès "vient compléter notre victoire aux législatives" et "les Romains ont choisi le programme de bonne gouvernance du PDL dont l'objectif est de conjuguer une plus grande sécurité à Rome et la modernisation des infrastructures urbaines", a estimé Silvio Berlusconi, chef du parti du Peuple de la liberté (PDL).

"J'ai la ferme intention d'être le maire de tous les Romains. Je remercie ceux qui ont voté pour moi et aussi ceux qui ont fait un autre choix que je respecte", a déclaré Gianni Alemanno, un ancien néo-fasciste passé au parti conservateur Alliance Nationale.

La sécurité au centre des débats

Le visage défait, M. Rutelli a reconnu la victoire de son adversaire en faisant état d'"une très grande amertume". Comme le craignaient les états-majors politiques, en particulier la gauche qui en a le plus pâti, la participation s'est inscrite en forte baisse à 63% contre 73,5% au premier tour il y a quinze jours. Les Romains ont en effet été nombreux à déserter la capitale (2,7 millions d'habitants) à l'occasion d'un week-end ensoleillé.

La campagne électorale, beaucoup plus virulente que celle des législatives, a été dominée par le thème de la sécurité, après le meurtre d'une Romaine à l'automne dont est accusé un immigré roumain. Deux viols commis la semaine dernière à Milan et à Rome pour lesquels sont poursuivis un Egyptien et un Roumain ont contribué à durcir la bataille opposant les deux candidats. La droite reproche à la gauche son laxisme en matière de criminalité et d'immigration. M. Alemanno a promis notamment d'expulser 20.000 immigrés clandestins tandis que M. Rutelli s'est lui vanté d'avoir permis la reconduction à la frontière, l'an passé, de... 280 clandestins, tous revenus aussi vite, et en force!

Un maire "héritier du fascime" ? 

Rappelant les débuts en politique du candidat de la droite, au sein du parti MSI, héritier du fascisme, la gauche radicale avait appelé à la mobilisation contre l'élection d'un "maire fasciste" et le "retour de la marée noire" à Rome. Walter Veltroni avait dû démissionner à la mi-février de son poste de maire de Rome avant le terme de son second mandat de cinq ans, pour conduire le centre gauche aux législatives. Il avait été élu en 2006 dès le premier tour avec 61,4% des voix dans la capitale italienne, contre 37% à M. Alemanno. Mais agiter le spectre du fascisme n'aura finalement pas suffit à battre une gauche suffisante, incapable de comprendre les enjeux et la gravité de la situation, et minée par des problèmes d'égos. Il n'est finalement pas dit que ce soit une mauvaise chose pour la capitale italienne, qui est devenue ces dernières années une caricature de ce qu'elle fut, une ville toujours plus abandonnée au laxisme et au travers italiens les plus décriés. Vigilance de mise donc, à suivre au prochain épisode.


Gianni Alemanno met les mains sur la Capitale.

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