MY BLUEBERRY NIGHTS ( De Wong Kar-Wai )

Publié le par DEVOTIONALL

 

Avec un peu de retard, certes, je suis allé voir le dernier film de WONG KAR-WAI, le cinéaste qu’il est de bon ton d’apprécier si on se dit amant du cinéma. MY BLUEBERRY NIGHTS est un film à part dans son œuvre, c’est en effet la première fois qu’il fait appel à des acteurs hollywoodiens et positionne son film aux Etats-Unis. Pour cette nouvelle histoire tournant autour du couple et de ses possibles, il a fait appel pour le rôle de protagoniste féminin à la chanteuse sirupeuse Norah Jones, qui joue comme elle chante ; c'est-à-dire qu’elle fait très correctement son travail, sans jamais atteindre cette touche de génie que lui reconnaissent à tort les grands médias. Il y a des centaines de Norah Jones aux States, mais aucune ne bénéficie d’un tel buzz médiatique, qui lui permet même de fricoter avec le grand cinéma. En face d’elle, nous retrouvons un Jude Law charmeur et enjôleur, qui voudrait nous faire croire qu’un simple serveur dans un petit snack presque minable pourrait avoir un tel romantisme, et pas la moindre copine de passage. Kar-Wai joue la carte du romantisme dégoulinant, et ce dès le début de son film.

Le Monde résume bien la situation : Soit une belle fille au coeur brisé (la chanteuse Norah Jones, actrice pour la première fois), un gargotier beau gosse (Jude Law) qui la console élégamment et tombe amoureux, puis une fuite de la jeune femme à travers le pays pour croiser d'autres destins et solitudes. Un flic alcoolique et désespéré (David Strathairn) que sa femme (Rachel Weisz) a quitté, puis une joueuse professionnelle (Natalie Portman) qui met sa vie sur le tapis pour oublier l'absence de son père. La grande question est : pourquoi cette fuite, fallait-il à notre amoureuse éconduite qu’elle traverse un continent pour qu’elle puisse comprendre son attirance pour le serveur de tartes aux myrtilles ? Ce road movie esthétisant ressemble à une longue pub bien léchéé, mais le propos est loin d’être révolutionnaire ou simplement passionnant. Cela se laisse regarder, mais sans plus.
 
Si le but de Wong Kar-Wai était de remettre son art en jeu, en tournant aux States, le résultat est loin d’être pleinement atteint. Comme je vous dis, il s’en tire sans grandes fautes ni vrais compliments. La galerie de personnages dépeinte dans le film est plutôt bonne, mais le rythme est lent et la progression manque de pertinence. C’est beau mais un peu creux. C’est un peu cliché, entre les self à l’américaine, les bars à whisky et les casinos de Vegas. Toute l’Amérique carte postale vue par un asiatique, filmée comme dans un long clip classieux d’une heure quarante. Un film à voir pour le plaisir des yeux, mais qui ne nourrit guère l’esprit. (6/10)

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Publié dans AU CINE CE SOIR

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