ELYSIAN FIELDS " Bleed your cedar "

Publié le par DEVOTIONALL

ELYSIAN FIELDS n’a rien d’une nouveauté, mais je n’en avais encore jamais parlé. Ce groupe a débuté par un maxi du nom de Star, un quatre titres plutôt sympas qui laissaient augurer une suite à suivre. Ce qui ne tarda pas à se produire, en 1996, avec le très joli album BLEED YOUR CEDAR. Ce premier album reste mon préféré, à ce jour. Jennifer Charles, la chanteuse, a une voix chargée d’érotisme qui ne vous laissera pas de marbre. Typique de ces filles qui sussurent dans les cabarets américains, avant de vous laisser d’un coup pantois quand la voix part dans des tons inaccessibles au commun des mortels et vous prennent par la main pour un voyage sans retour. En plus Jennifer est physiquement très intelligente… J’ai eu la chance de la rencontrer avant et après le concert du groupe au Festival du Devenir de Saint Quentin, la même année. Sortie de scène, vêtue d’une robe transparente collée à même la peau par la sueur, en train de se sécher derrière un ventilateur qui dévoilait certaines parties cachées… ça a du bon, certains backstages.

Oui mais voilà, son amant n’est autre qu’Oren, le grand gaillard guitariste du groupe, pétri de talent lui aussi. Rock and folk, une revue souvent hors jeu et à coté de la plaque, ne s’y était pourtant pas trompé, à l’époque, et ne tarissait pas d’éloge quand à ce disque. Hallucinations, ballades lancinantes, couloirs sans fin, chambres dérobées, mises en abîme sur des relents de condamnation au ralenti, mauvais rêves en déliquescence. L’univers fantomatique d’un Poe hanté par l’amère sensualité des Fleurs du Mal. Les charmes ambigus de Jennifer Charles, pulpe au dehors, vapeur d’absinthe au dedans, ne sont pas pour nuire à la ténébreuse affaire : tour à tour Barbarella ensorceleuse ou demi-soeur fatale de Kate Bush, Jenny traîne sa voix sulfureuse à la manière d’une cape sombre, la lâche en voiles de fumée dans une envolée de papillons noirs. De la traversée du miroir de “Lady In The Lake” à l’extatique “Fountains On Fire”, impression jazzy sur des clairs-obscurs arpégés, “Bleed Your Cedar”  joue les alunissages réussis sur fond d’obsessions lentes et de paradis artificiels, de douces dissonances en écliptiques sons et lumières. Un satisfecit pour “Anything You Like”, sa manière somnambulique et son solo de guitare androïde et aux duos acoustiques Charles-Bloedow sur “Gracie Lyons” et “Mermaid”. Un album atmosphérique et envoûtant.

Au sujet de ELYSIAN FIELDS, je suis toujours à la recherche de leur passage sur France Inter, chez Lenoir, pour une white session sublime, qui m’avait particulièrement frappé. Malgré une forte rage de dents, Jennifer y avait délivré une performance d’un autre temps, proche de l’infini parfait. Si l’un d’entre vous peut m’aider en ce sens… Quand a la note pour l’album (7,5/10)

Elysian Fields 









Et pour finir, voici ce qui vous attend
si vous continuez de trop regarder la TV .

Publié dans MUSIC

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