PARANOID PARK ( De Gus Van Sant )

Publié le par DEVOTIONALL

 

GUS VAN SANT est un des rares réalisateurs capables de projeter le spectateur au-delà d’un simple récit en images. La plupart de ses films sont aussi des prétextes pour emmener qui le désire dans un de ces recoins de l’esprit où il est possible d’en apprendre un peu plus sur soi même. La structure de ce PARANOID PARK tend à être fragmentaire, et tout comme dans Elephant, le récit nous renvoie au milieu des facs américaines. La vérité autour d’Alex, le protagoniste, se constitue en différentes étapes, et une fois qu’elle se fait jour, elle est destinée à se consumer à l’intérieur du jeune homme, comme une révélation libératrice : la vie n’est pas un long chemin droit mais empreinte parfois de bien étranges voies de traverse, et nous nous retrouvons tous à son terme sans bien avoir compris comment nous y sommes arrivés.

Alex est un jeune skateur de Portland. Comme beaucoup d’autres, il se rend au skatepark le plus malfamé de l’Oregon, le Paranoïd park. Mais après une soirée passée là-bas, Alex va accidentellement commettre l’irréparable, tuer un agent de sécurité. Il décide alors de taire son acte. Mais pourquoi ? C’est là que quelque chose manque, que le récit nous cache quelque chose. On ne sait pas pourquoi il prend cette décision, comme si le réalisateur évitait le sujet ou encore ne s’y intéressait pas. La reconstruction des faits est le discours principal de ce nouveau film de Van Sant.

Le film de Van Sant tourne autour de ce portrait d’ado en crise, mais réussit aussi à dépeindre avec justesse le monde universitaire. Alex ne trouve pas sa réalisation, et l’affection dont il a besoin, dans la famille, ou d’autres belles images propres à l’iconographie traditionnelle américaine, mais dans le skate, qui symbolise cette pseudo rébellion juvénile de ceux qui refusent le système, sans même l’avoir compris. Le monde des adultes, vues à travers les yeux d’un adolescent, la planche se skate comme bouée de sauvetage par un temps de tempête, alors que notre héros ne sait pas nager ! On pourra aussi aimer ou ne pas aimer les séquences tournées en super 8, quelque peu lyriques, qui suivent ( au ralenti ) les prouesses des skateurs, leurs jumps, et les serpents de béton couverts de graffiti. Mais l’important dans ce film va au-delà : la reconstruction d’une vérité enfouie au fond de l’esprit d’un adolescent qui a déjà bien du mal à comprendre l’absurdité que représente à ses yeux l’entrée dans « le monde des grands ». Au final, un film maîtrisé malgré quelques longueurs, que nous vous invitions à découvrir. (7/10)


PARANOID PARK de Gus Van Sant

Publié dans AU CINE CE SOIR

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