J'INVENTE RIEN ( de Michel Leclerc )

Publié le par DEVOTIONALL

J’INVENTE RIEN est un titre tout trouvé pour ce premier film de Michel Leclerc, qui en effet… n’a rien inventé. Ce n’est de toute manière pas sa préoccupation première. Ce film est simplement une comédie légère, dont tout le poids repose sur le jeu des deux acteurs principaux, sur leurs parcours individuels et au sein de leur couple. Kad Merad est Paul, un branleur, comme il se définit lui-même. Incapable de trouver, et plus encore de le garder, un travail sérieux, il vivote sur sa son crédit sympathie et se complait dans son rôle d’homme enfant, entretenu par sa femme. Mathilde est Elsa Zylberstein, en femme moderne et libérée. Elle aime son travail artisanal, porte la culotte dans son couple, et supporte de moins en moins bien, après cinq ans de vie commune, son mari doux rêveur aux tendances infantiles. Le grand enfant marginal n’apporte plus la composante de masculinité rassurante et protectrice dont elle a désespérément besoin : la crise couve. Jusqu’à ce que mis en demeure de réagir, Paul trouve enfin sa voie : il sera inventeur ! D’ailleurs la découverte fortuite d’un simple morceau de bois lui donne une idée lumineuse : la poignette, qui permet de porter les sacs en plastique des courses sans se lacérer les doigts. Une invention de branleur, quoi.
Ce qui fait que le film fonctionne, c’est le talent de ses interprètes, qui joue juste sans forcer. Une comédie simple, voire simpliste, sans fioritures, sans fards. Kad est attachant, drôle, crédible, bref très bon comme à son habitude. J’aime moins la Zylberstein qui ne me convainc pas toujours, mais sur ce film, elle fusionne relativement bien avec son comique de mari et le duo est réjouissant. A noter un bon Claude Brasseur ( père de Mathilde ) en bonimenteur sur les marchés : un rôle qui lui va comme un gant, avec des répliques savoureuses tout au long du film. J’aime beaucoup ce type de film, où l’intérêt repose uniquement sur une ou deux trajectoires choisies et suivies, sur des parcours atypiques, à un rythme tranquille, où on prend le temps de s’attacher aux personnages, sans artifices. C’est contre la mode actuelle, ça fleure bon une certaine comédie du passé, et c’est excellent quand les interprètes sont doués. Crise du couple, possibilité de vivre en marge de la société sans rien produire et sans s’investir, limites des deux thèmes, un film à dimension humaine qui prend le temps de porter un regard amusé et compréhensif sur le genre humain et ses petites faiblesses. J’oubliais, et ce n’est pas le plus futile des détails : il y a aussi des scènes très amusantes et des dialogues fort sympathiques. C’est bon, c’est simple, c’est tout. (6,5/10)


L'invention du siècle, par Kad Merad

Publié dans AU CINE CE SOIR

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Isa 21/11/2007 14:08

J'aime beaciup ce film qui est plein de bonnes choses; c'est un film simple comme on aimerait en voir plus souvent