SUPERGRAVE ( de Greg Mottola )

Publié le par DEVOTIONALL

SUPERGRAVE 

La dernière comédie grivoise de Greg Mottola ferait presque passer American Pie pour un film d'art et d'éssai hongrois. Affligeant, vous avez dit ?


Certains explorateurs rêvent d’atteindre des sommets encore vierges, ou de découvrir de nouvelles contrées. Certains scientifiques ont pour ambition de repousser les limites connues de la science. Et d’autres, plus modestement, semblent se pencher sur le cinéma pour tenter de découvrir le degré zéro du septième art, le point le plus bas qui puisse exister, là où qualifier un ensemble monté d’images et de plans peut à peine s’appeler un film, tant la qualité semble risible. SUPERGRAVE, le dernier film de Greg Mottola ( auteur du très raffiné 40 ans toujours puceau ), appartient à cette catégorie qui défie l’impossible. Un scénario proche du néant, un ensemble de gags et de blagues tournant toujours bien en dessous de la ceinture… c’est le grand bal des blagues grasses et vaseuses, une comédie déjantée et indigente où les rires sont induits par des nichons, des fesses et des ados retardés en proie à de graves crises hormonales. Dès la première scène du film, nos « deux héros » que sont Evan et Seth devisent tranquillement sur la qualité et l’offre proposée par des sites porno sur internet, et l’intêret de s’y abonner. Le tout dans un langage qui lorgne plus du coté des derniers Marc Dorcel que chez Molière.
Ce film n’a absolument aucun intêret. Mais cependant, il descend si bas dans l’echelle des œuvres cinématographiques, que ça en est parfois presque… drôle. J’ai même souri souvent, à cause de ces tranches d’humour gras comme des frites belges à l’huile de vidange. Les deux compères du film ont une seule obsession : découvrir les joies du sexe, jusque là cantonné qu’ils sont à des séances frustrantes de branlette devant l’écran du pc familial, ou une belle revue osée. Leur intelligence est toutefois fortement discutable, et leur tact, leur sensibilité, réduits à leur plus simple expression. Affligent est le mot, mais si affligeant que ça en est fascinant : comment peut on vraiment avoir la prétention de faire un tel film et de revendiquer ne serait-ce qu’une once de talent ? Le quotidien belge LA LIBRE Belgique n’est pas tendre non plus, à ce sujet : « Comme les mauvaises herbes, le mauvais temps, le mauvais esprit, bref tout ce qui nous pourrit la vie inlassablement, les mauvaises comédies boutonneuses américaines suivent le rythme des marées pour débarquer beaucoup trop régulièrement sur nos écrans. L'idée [?] est toujours la même : quelques crétins en quête de dépucelage et de grosse beuverie rêvent de combiner les deux lors d'une soirée forcément spéciale (en général, le bal de fin d'études). Mais, histoire d'apporter une touche d'humour [?], rien, naturellement, ne va se passer comme prévu. » C’est sur ce synopsis presque parfait que je vous laisse, en vous rappelant ceci, pour tout souci d’objectivité : tellement nul que ça m’a fait rire par instant. A ma décharge, j’en ai honte. ( 5/10 )


SUPERBAD en VO : ça ne change rien au contenu
 

Publié dans AU CINE CE SOIR

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