I, ROBOT ( d'Alex Proyas )

Publié le par DEVOTIONALL

 

J’ai personnellement lu la presque totalité des œuvres d'Isaac Asimov, un des grands maîtres de la science-fiction américaine. Asimov fut un grand inventeur, un visionnaire, qui compte parmi ses principales idées et ses grandes lignes directrices l’emploi de robots comme protagonistes ou toiles de fond de ses romans. Ainsi trouvons nous plusieurs recueils de nouvelles relatant l’introduction progressive du robot dans la vie quotidienne des gens, dans un futur proche, leur essor, au point qu’ils finissent par se substituer au genre humain et assure la survie de celui-ci. Asimov a vite eu le génie de codifier son monde ( les trois lois de la robotique ) pour le rendre crédible, cohérent, et a tissé une œuvre magistrale, certes sans le style et le lyrisme d’un Bradbury, par exemple, mais en faisant preuve d’une imagination foisonnante et jamais pris au dépourvu. Alex Proyas ( vous vous rappelez Dark City ? ) a remixé le tout dans un film librement inspiré du recueil LES ROBOTS, truffé d’effets spéciaux et donnant la part belle à Will Smith. Ce qui aurait pu être un excellent film devient malheureusement vite un divertissement très conventionnel, un blockbuster de plus, sans grande inspiration, loin d’égaler les écrits d’Isaac Asimov. I, ROBOT, une déception.
Dans le monde imaginé par Asimov et relayé par Proyas, les robots sont les amis fidèles de l’homme, l’aidant à la tâche, le suppléant, avec une totale dévotion et un respect parfait, grâce aux trois lois de la robotique, qui font que jamais au grand jamais une mécanique puisse porter atteinte à l’intégrité morale ou physique d’un humain. Jusqu’au jour où un des plus brillants roboticiens se retrouve défénestré dans son laboratoire, et où la paranoïa commence à s’installer dans l’esprit d’un enquêteur, Will Smith en l’occurrence, tout empreint de son habituelle coolitude irritante. Les effets spéciaux étouffent quelque peu l’histoire, on assiste à une débauche de robots sauteurs, de pirouettes invraisemblables, et même des courses poursuites absurdes sur l’autoroute, digne du pire jeu de Playstation. Le lecteur des livres trouveront toutefois avec plaisir une glaciale Bridget Moyhanat dans le rôle de la robot psychologue Susan Calvin, un grand personnage d’Asimov. Smith est fatigant avec ses bons mots et après avoir chassé l’extra terrestre dans Men in black, on aurait souhaité le retrouver dans un registre un peu plus décalé : peine perdue. Reste un discours intéressant et concret sur une société où les grandes firmes internationales imposent leurs choix à la population sans se soucier des consignes de sécurité, quand seul l’appât du gain compte encore. Mais c’est peu, et on ne conseillera ce film qu’aux plus fervents défenseurs des blockbusters ricains. Les autres y prendront bien peu de plaisir. (5,5/10)


Avec Will Smith, ce qui n'arrange rien...

Publié dans AU CINE CE SOIR

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