GUY MÔQUET : Lire ou ne pas lire ?

Publié le par DEVOTIONALL

L’un des seuls avantages d’être en collège cette année, pour moi, c’est d’avoir échappé au dilemme de ce lundi : lire ou ne pas lire la lettre de GUY MÔQUET à nos chers lycéens apathiques. J’ai pu constater ce matin qu’une belle frange d’enseignants à finalement décidé de ne pas s’exécuter, ce que le ministre de l’éducation nationale dit « pardonner » ; en voilà trop de bonté ! Alors mon opinion sur le sujet ? Je ferais bref, au risque de vous ennuyer avec cette histoire fort ennuyeuse.
Tout d’abord je dois dire que si le jeune Guy Môquet a bel et bien eu le destin qui fut apparemment le sien, dans les conditions qu’on nous dépeint depuis ces mois derniers, il a gagné de droit sa place parmi les héros de notre patrie, pour avoir fait ce que je ne serais peut être pas moi-même capable de faire, faute de courage, d’idéaux, et que sais-je encore. Sa lettre d’adieu n’a rien d’unique et d’extraordinaire mais elle fait appel aux sentiments les plus humains et les plus nobles en même temps, et ça, la France aime. A juste titre, encore une fois. Mais alors si le jeune Môquet fut un héros, pourquoi a-t-il presque totalement disparu de la vie culturelle française, des programmes éducatifs, pourquoi n’en parlons nous plus depuis des lustres ? Pourquoi son nom n’évoquait avant les dernières élections que bien peu de réminiscences chez la plupart des français de base ? Guy Môquet serait-il devenu, de vrai héros national, un simple argument de marketing politique ?
Car oui, Guy Môquet est revenu dans nos prières, non pas par la grâce de ses exploits et de son courage inébranlable, mais parce que Nicolas Sarkozy a confié sa communication et sa stratégie pour les présidentielles a un fin renard nommé Henry Guaino, qui a exhumé le jeune fusillé comme un symbole positif derrière lequel rallier de nouvelles voix, et que notre petit président ( par la taille ) a vite fait sien. Un choix émotif, qu’il nous demande ensuite de véhiculer au lycée, de relayer à tous les lycéens, sans autre motif que c’est comme ça et pas autrement. Parce que l’émotion et la piété populaire ne se discutent pas, sous prétexte d’être voué aux gémonies pour l’éternité. Pas d’exploitation pédagogique, pas de Môquet au programme, dans aucun de nos livres scolaires, mais un résistant fusillé à la fleur de l’âge qui débarque comme un cheveu sur la soupe, un beau lundi matin, par imposition présidentielle, certains diront décret royal. Un noble héros et un très noble geste, au service d’une démarche populiste et déontologiquement douteuse. De toutes façons, nos jeunes ignorants acnéiques peuvent se rassurer, le film est en tournage (véridique, ce quinquennat sera très Guy Môquet ou ne sera pas) avec dans le rôle titre le petit castra de bonne famille qui nous avait déjà bien seriné avec ses Choristes. Nicolas, et si on organisait une sortie obligatoire au cinéma, on pourrait en plus faire remonter les chiffres de fréquentation des salles obscures, qui souffrent ces temps derniers ? Devotionall, qui postule pour un poste de sous secrétaire d’Etat ( après tout, après Bernard Laporte, l’espoir est permis… ).


Guy Môquet : Respect.

Par contre, l'imaginer en train de chanter dans une chorale, la bouche en cul de poule...
Pitié. Je n'ose penser à ce film, avec cet ancien choriste.

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Tommawack 23/10/2007 23:09

Je ne serai jamais du genre à me plaindre quand il y a un effort de mémoire de proposé. Mais là... Quelle récup, ça devient n'importe quoi...

arnodu 23/10/2007 22:26

En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60