LA VIE DES AUTRES ( de Florian Henckel von Donnersmarck )

Publié le par DEVOTIONALL

Ah l’Allemagne de l’Est, tout un ensemble de souvenirs. Ah le bon vieux temps du communisme, du rideau de fer, de ce monde mystérieux et austère où la liberté était foulée au pied par un parti tentaculaire et omniprésent. La DDR c’était ce maillot gris plomb qui remportait un si grand nombre de compétitions sportives, pour la gloire du Parti, à coup d’anabolisants à doses massives. La DDR c’était aussi la Stasi, la police politique, qui contrôlait toutes les activités dites subversives, faisait en sorte que tous les ennemis de la pensée dominante et imposée ne puissent répandre leurs idées. Une gigantesque chasse aux sorcières baignant dans la paranoïa et qui a rythmé la vie de ce pays recroquevillé sur ses propres folles convictions. L’excellent film LA VIE DES AUTRES nous replonge dans cette époque pas si lointaine, mais déjà oubliée par les plus jeunes d’entre vous, où rouler en Traban et manger de la viande une fois par semaine représentait un luxe de nabab et tout un style de vie.
L'auteur à succès Georges Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent pas aux idées du parti. Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...et va finir par bouleverser ses propres convictions vis-à-vis de ses employeurs, de sa vie en général.  Ulrich Mühe, sobre et parfait dans son rôle d’espion en proie au repentir, est malheureusement depuis décédé d’un cancer. Le film joue beaucoup sur l’émotion sans jamais sombrer dans l’abus de pathos. C’est aussi un réquisitoire sur les moyens mis en œuvre par la Stasi pour parvenir à ses fins. 

 "Trop poli pour être honnête, argumente le ministre de la culture. Il cache quelque chose ! Mes tripes me le disent !" Les arguments pour faire mettre Dreymann à la trappe sont des plus légers, mais résument bien l’état d’esprit de l’époque. Plongée dans le voyeurisme qui devient salut inattendu pour un intellectuel sur qui on s’acharne, revue de presse des vices cachés d’une société vérolée où personne – encore moins ceux qui le prétendent – n’est vraiment au dessus de tout soupçon, LA VIE DES AUTRES aborde avec une touchante humanité une des pages les plus noires de l’après guerre en Europe. Quand je pense que mon prof d’allemand, au collège, nous proposait des vidéos sur le système éducatif est allemand et nous obligeait à opiner du chef devant ces absurdités, vous comprendrez peut être pourquoi à l’époque j’ai eu autant de mal à me passionner pour les aventures de Rolf und Gisela ( dans le manuel « Wir lernen Deutch », clin d’œil à Matthieu, en passant ). (7,5 /10)

Publié dans AU CINE CE SOIR

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Carole 27/03/2008 10:51

Ce film, je le classe parmi les cinq meilleurs de l'année dernière.

eddy 17/10/2007 14:47

Très bon film que je recommande chaudement. Toute une époque qui, au regard de ce film, ne devait pas être triste pour ceux qui l'ont connu. Pour compléter sur cette période et dans un registre un peu plus léger il y aussi le bon "Good bye Lenin !" qui se veut plus décaler.