PJ HARVEY "White Chalk"

Publié le par DEVOTIONALL

Un peu d'honnêteté sur ce blog : le dernier album de PJ HARVEY n'était pas attendu comme le méssie... Pourtant la rockeuse indie a su livrer de bonnes choses dans le passé, ne serait ce que le très bon album To bring you my love, ou sa collaboration avec Robert Parish, notamment. Mais je dois être dans ma période électro, les cordes sèches et la voix si roots de la miss ne faisaient pas partie de mes priorités en cette rentrée discographique. Pourtant le talent de PJ ne se discute pas, elle en a à revendre, mais je ne sais pas, un petit quelque chose qui fait que je l'avais presque oublié. Musicienne aux faux airs d'anorexique énervée, audacieuse et sexy dans son genre, elle tord le cou aux canons de la poupée glamour, et nous envoie sa bonne vieille musique de cow-girl sur la brèche. L'antithèse de Yelle, pour ceux qui nous suivent fidèlement.

Rien de bien neuf sous le soleil de PJ. Je la retrouve finalement, et c'est presque comme si elle était restée assise là; avec des toiles d'araignée sur la robe et le visage plus blême que jamais. Sa guitare est toujours aussi tendue, ses joues creuses, son rock folk aussi sincère et décharnée, voire dépressif. Les amis de la musique enjouée ou des effets studios vont bien sur passer leur chemin, idem pour les ados qui carburent au son pop rock de Rtl 2. Ici l'intimité de PJ Harvey se gagne à la sueur du front, et on re rigole pas, messieurs, on souffre, et pas qu'un peu. Le huitième album est encore dans le genre hypnotique et abrasif, sans fard ni parures. Silence est symbolique: un titre fort et plein d'émotion, qui en dit long sur la philosophie de ce White Chalk. En fait plus j'essaie de vous parler de cet album, plus je me rend compte que cette critique sera vraiment bancal : trop peu à dire, trop particulier, trop revêche, trop exigeant, trop éloigné de ce qu'on peut prétendre diffuser à un moment donné en radio; un peu de tout cela, surement. PJ Harvey, c'est une tendance qui se confirme à fuir tout ce qui a une allure mainstream, la mysanthropie de l'artiste qui sème l'austérité pour être sure que peu d'élus se mettront sur son chemin. En attendant son nouvel album est dense et chargé, mais n'a pas la moindre chance d'ammener à la miss le moindre nouveau fan, ou tout du moins le moindre nouvel auditeur qui n'a pas l'esprit assez ouvert pour penser contre courant. Je ne sais pas si c'est un bien ou un mal, tiens... (6,5/10)

PJ Harvey White Chalk - Vidéo live The Mountain
Dès la pochette on se poile bien avec PJ !

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DEVOTIONALL 11/11/2007 23:16

Merci et bienvenu : tous les goûts sont dans la nature. J'aime bien mais je n'enceserais pas.

Boulon 11/11/2007 03:29

impossible de ne pas poster!Pour contredire un peu, c'est cet album-ci qui me rend "fan" de Madame Harvey, alors que je ne connaissais que vaguement sa musique avant ça. Mais c'est vrai, cette fois ça ne sens pas la saturation, la poussière texane, la transpi ou le je ne sais quoi qui posait l'ambiance de ses autres disques (je suis sûrement à côté vu que je connais pas bien). White Chalk s'écoute en automne, plutôt en europe, dans les feuilles mortes avec une belle lumière, ou dans la neige (il passera l'hiver). Je ne crois pas que l'on puisse classer ce truc dans un genre musical (j'y arrive pas, moi). C'est pas un tube de l'été, c'est sûr. Il ne sonne pas comme un produit de consomation (pas rentable?), il fait réfléchir et boost l'imagination, il s'écoute avec concentration ou sur une activité calme. La porte d'entrée du disque est pour moi "when under ether" parce que c'était le son que je cherchais depuis un bon moment. Les pistes que j'use le plus sont sur le milieu de la galette. Ce disque m'a aussi réconcilié avec le piano, l'instrument qui sonnait toujours horriblement "à la Elton John" dans ma tête avant ça.Il faut l'écouter quelques fois en voiture, peut-être. Pour me situer, c'est plutot l'alternatif, le hiphop 80', un peu de jazz, ska, funk. Et puis du punk et de l'épais! Alors allez savoir à qui est destiné ce drôle d'engin volant. La critique est juste, Devotionall, mais la note...quel scandale! :)Moi j'aime bien et je soutiens fermement. Ce disque restera, je dis.

arbobo 23/09/2007 12:40

c'est marrant, ça fait 15 fois que j'écoute le disque et j'ai toujours autant de mal à trouver de la guitare...;-)je trouve qu'elle a su changer considérablement, avec ce disque. Mais les fans de gros son et guitares saturées peuvent passer leur chemin, c'est sûr.enfin ce que j'en dis...http://arbobo.over-blog.com/article-12525377.html

DEVOTIONALL 19/09/2007 22:55

Chacun y trouvera ce qu'il voudra/pourra. La pluralité des opinions ne nuit pas à la santé, au contraire. Bienvenue sur le blog!

Ska 19/09/2007 21:24

Je me permets quelques remarques en passant, tandis que je découvre le nouveau PJ Harvey et que je l'écoute un poil déçu (j'en attendais pour ma part beaucoup...).Comment peut-on dire qu'il n'y a "rien de bien neuf sous le soleil de PJ" ?! Le piano est l'instrument prédominant de l'album, ce qui n'avait jamais été le cas auparavant. Vous évoquez les guitares de la chanteuses quand elles sont presque totalement absentes de ce nouvel album et que la tonalité rock habituelle est délaissée au profit de ballades mélancoliques. Rien à voir avec la PJ indé et rugueuse de Dry. Et encore moins avec celle, plus pop, de Stories From the City, Stories From the Sea...Alors, si, il y a bien du neuf dans ce nouvel album. C'est, instrumentalement du moins, un renouvellement radical, peut-être à cet égard l'album le plus risqué de PJ Harvey. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit le plus convaincant...