XTRMNTR ( Primal Scream )

Publié le par DEVOTIONALL

En 50 épisodes indispensables, voici les incontournables de la musique des années 80 à aujourd'hui, offerts par votre serviteur. Aujourd'hui:

Fiche 04 : XTRMNTR   ( Primal Scream )

 

Certains artistes ont une carrière qui va de pair avec les substances illicites qu'ils ingèrent quotidiennement. C'est ainsi, c'est ça aussi le mythe du rock and roll. Prenez les PRIMAL SCREAM, par exemple, voilà un groupe qui a fait le tour de la question. Ils ont eu leur période défonce au cannabis, à leurs débuts, mais leurs albums restaient dans la catégorie magma sonore sans grande pertinence, et leur look hyppie était une horreur visuelle. Ils ont connu le succès grâce à un album suprenant, le fameux Screamadelica, croisement des chemins entre le rock et la house music/acid et par la même, la bande à Gillespie s'est mis au LSD et à gober tout ce qui se fait en boite. Avant d'opter pour la cocaïne et un album très rock-roots, boudé par la critique et aussi par les fans, et le passage à l'héroïne, ponctué par le très filmographique et réussi Vanishing Point. Mais le grand disque qui va propulser les Scream dans le cercle fermé des artistes incontournables des années 2000, ce sera XTRMNTR. Même si les voyelles ont été retirées du titre, on comprend aisément sans se forcer que le résultat va être décapant.

XTRMNTR, le meilleur disque de Primal Scream, a un statut symbolique car il sera le dernier album de Creation, la célèbre maison de disque anglaise. Il enterre ainsi toute une période de la pop britonne qui a vu l'avènement de l'indie pop. Alors que l'on trouvait Vanishing Point  abouti et "parfait", on relativise aujourd'hui notre jugement. Car XTRMNTR est la machine à danser. Très électroniques, les compositions reposent sur des boucles rythmiques élégantes et chaudes et sur des mélodies riches, très éloignées de celles, convenues, du baggy sound. Ce disque pourrait constituer une sorte d'apothéose après Surrender (Chemical Brothers) et Midnite Vultures (Beck). On retrouve d'ailleurs les Chemical Brothers en tant que producteurs sur ce disque, parmi bien d'autres stars comme Dan the Automator, David Holmes, Kevin Shields... 

L'une des principales qualités de ce disque est d'ailleurs d'avoir réussi à constituer une entité homogène et cohérente. Et que le groupe, malgré son ambition, n'y ait pas perdu son identité. Bien au contraire... Car les tubes sont ici omniprésents. On pourra tout de même citer Swastika Eyes et le son techno euphorique poussé à l'extrême, Kill All Hippies et son intro déroutante et ses messages subliminaux ou encore Accelerator le bien nommé. On notera aussi le pseudo instrumentale Blood money, aux trompettes somptueuses, qui rappelle leur Inner Flight (sur Screamadelica) mais aussi DJ Shadow! Et le mix génialissime de If they move Kill'em ( morceau de leur album précédent ) représenté cette fois de manière remaniée, ainsi que le clin d'oeil sous forme de perle pop ambient ( Keep your dreams ) ne sont que d'autres exemples de réussite dans un album simplement parfait. Que rajouter à une telle démonstration de puissance sonore? L'ensemble est compact, racé et politiquement incorrect, à écouter très fort ! ( 8,5/10 )



 

SVASTIKA EYES live à Leeds : Primal Scream à l'oeuvre

Publié dans MUSIC

Commenter cet article

Tommawack 04/09/2007 22:10

C'est marrant je ne connais pas du tout, pourtant c'est un groupe classique de l'époque. Va falloir que je corrige cela...

Pitbull 04/09/2007 14:52

Cet album est de la bombe, un concentré de TNT. super!