LES FILMS X - Réponse à nos lecteurs

Publié le par DEVOTIONALL

 

Voici donc la réaction d’un de nos lecteurs, Systool, suite à l’article publié à propos du X mis en images :

Je suis loin d'être un spécialiste en la matière, mais je pense qu'à la différence du reste de l'industrie du cinéma ou de celle du disque, le X n'est pas parvenu à proposer quelque chose de "spécial" pour qu'on continue à acheter leurs produits malgré l'avènement du téléchargement toujours plus prononcé...

Pour un disque, on a toujours cette envie de récompenser l'artiste, d'avoir un livret, un artwork... enfin, je parle des vrais musiciens...

Pour les films en général, les bonus, le director's cut, la qualité supérieure de l'image font que le DVD se porte plutôt bien

Pour ce qui est du film X, ils n'ont rien su proposer de plus que "des bites et des seins plus gros"... c'est con à dire mais c'est ça. Il y avait certainement une certaine sensualité, un érotisme auparavant, tandis que désormais ils ne se fatiguent même pas à trouver un scénar... et la réalisation, c'est vraiment du bas de gamme... j'entends, ils prennent une caméra, ils filment et collent des titres que tu peux faire toi-même en trois secondes avec le premier programme d'édition vidéo venu...

Donc, quitte à mater du cul, autant le faire gratuitement... je vois pas pourquoi on payerait pour de la merde pareille ;-)
 
Comme promis, je réponds sur ce site à tous ceux qui prennent le temps de nous faire part de leurs remarques.
Cher Systool, la réalisation d’un film X est une chose asez délicat, ne serait-ce qu’au regard de ce qu’est vaiment un film de ce genre. Peut-on ainsi considérer qu’un bon porno puisse etre comparé à une oeuvre d’art ? Pour ma part j’ai des doutes sérieux. On peut trouver de bons films qui acordent une attention particulière à la photographie, le choix des lumières, qui se concentrent sur une certaine esthétique des corps, mais il est vain de prétendre que le résultat final puisse prétendre concourir à une démarche véritablement artistique. Ce n’est d’ailleurs pas meme ce que j’attends du X. Idem pour les scénarii raffinés et les dialogues fouillés, qui ne sont pas légion. Il existe tout un cinéma érotique qui a déjà ces penchants, la pornographie a ausi des exigences particulières.
 
Par exemple elle se doit de satisfaire les pulsions du public qui regarde. Un bon polar sans le moindre suspens, une comédie qui ne provoque aucun sourire, ou un film d’horreur sans le moindre frisson, sont de purs echecs artistiques. Le film X qui ne provoque aucune excitation et n’émoustille pas le spectateur n’a pas de raison d’exister. Les européens ont réussi à mettre sur pied une tradition alliant cet aspect avec celui d’une mise en scène travaillée, comme dans nombre de réalisations targuées Marc Dorcel, dans les années 80 et 90. Les films de Salieri, en Italie, ont aussi une attention évidente aux scénarii et joue sur les registres du postiche, du singulier, de la trame constuite et qui accompagne les scènes hard. A l’inverse le X américain est connu pour son coté direct, les vidéos les plus extremes et sans aucune fioriture viennent de là : de la boucherie à consommer sans prétention.
 
Le probléme ne vient pas de ces films. Il vient de l’utilisation détournée de l’imagerie du sexe, de sa représentation quotidienne, permanente, pernicieuse, et souventimplicite. Il vient du fait qu’il est impossible de trouver une pub décente pour un laitage sans qu’on nous propose une fille se barbouillant la bouche et les doigts de yoghourt. Que la moindre émission de variété repose sur des cuisses et des nichons placés en évidence pour attirer le quidam moyen. Du fait que les kiosques à journeaux sont tapissés, dehors et dedans, de revues qui porno le sont par leur idéologie, mais qui feignent de s’offusquer devant le sexe accompli. Entrevue, FHM, des filles nues à toutes les pages, mais regarder un film X, quelle horreur !
 
Le porno a le mérite d’etre clair, précis, sans fioriture, c’est pour cela que je le respecte et le défend. J’ai infiniment plus de respect pour des femmes telles Daphne Rosen ou Ava Devine, qui osent faire et aller là où les autres, poupées Barbie refaites et sans saveur, feignent de vouloir vous emmener, avant de se rétracter pudiquement quand les choses deviennent trop sérieuses. Quelles différences notez-vous entre une fille qui fait carrière à la TV, qui présente la météo ou finit sur M6 à débiter des clips de rap de série Z, juste parce qu’elle est bonne et joue avec les hormones des ados émoustillés ; et une actrice de X qui gagne sa vie en mettant son corps en scène dans des productions hard ? Au moins la seconde ne nous prend pas pour des imbécilles en prétendant avoir qui sait quelles capacités, talents cachés, qui lui permettent de se faire une place au soleil. Et ne me parlez pas d’exploitation des filles lors des tournages : le vrai cinéma porno dont je vous parle, celui des maisons de production reconnues et des actrices/acteurs professionnels, est un business comme un autre, la mise en image des pulsions de tout un chacun, y compris de ceux qui feignent l’indignation et se retranchent derrière une pudibonderie hors de propos, avant de sombrer dans le péché quand plus personne ne regarde.
 
Le label X, interdit aux mineurs, je le conserverais pour les émissions de Arthur, les clips sans saveurs de M6, toutes les pages de pub sans exception, le journal de JP Pernaud, les jeux télévisés où le concurent remporte 20 000 euros en pétant dans un entonnoir, les grands moments de vide que nous offre Bataille et Fontaine, Koh Lanta et autres consorts. Il y a plus de décence et d’humanité dans chaque scène des plus chaudes chez Marc Dorcel, que dans n’importe quelle production TF1 de seconde partie de soirée.
 
Sinon Systool, merci de ta fidélité ; et aux autres, lecteurs de Paris, de Dijon, de Bruxelles, qui viennent régulièrement nous rendre visite, n’hésitez pas à vous présenter en nous envoyant un mail, ou en laissant une trace rapide, rubrique « ajouter un commentaire ». Ciao !

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Publié dans LA TELE REND IDIOT

Commenter cet article

SysTooL 24/08/2007 09:07

Merci pour ta réponse, Dévo, mais tu n'as finalement pas abordé les raisons de l'échec commercial des films X... je veux bien que les porno ne doivent pas être considérés comme de l'art (c'est le moins que l'on puisse dire) et ok pour le fait qu'ils s'assument...SysT

Tommawack 23/08/2007 23:21

Tiens, des films porno.

Je n'en ai jamais vu, c'est bien ? Tiens, je vais aller en louer un au video club pour avoir l'air moins con et savoir de quoi tu parles...

Cel' 23/08/2007 14:45

Tu voudrais pas qu'on se mate un bon petit porno ensemble par hasard ?

DEVOTIONALL 23/08/2007 18:26

Pourquoi pas? Mais alors un vraiment hard...