DIGITALISM "Idealism"

Publié le par DEVOTIONALL

En 2007, les codes musicaux sont définitivement brouillés. Difficile de faire encore la part des choses entre les puristes du rock, toutes guitares dehors, et les amateurs d'electro et ses sons syntétiques. La grande mode est au crossover, à savoir ces groupes malins qui brassent le tout pour opérer une fusion furieusement tendance; et tout le mobnde peut communier sur les dance floors, toutes chapelles musicales confondues. Justice n'est que l'avant dernière mutation du genre : la dernière en date à bénéficier en France du grand battage médiatique qui fera vendre, c'est DIGITALISM et son album IDEALISM.

Dès les premiers morceaux de cet album, on comprend que l'héritage du groupe est chez les Daft Punk et ce son surpuissant, le tout saupoudré de vocoders et de voix distordues. Magnets, ou Zdarlight, sont de petites bombinettes electro sympas mais sans grand souffle. C'est sur I want I want que les choses prennent un nouvel essor, d'abord car un vrai chant vient magnifier les rythmes electroniques, ensuite parce que le beat est bien lancé et qu'il devient dur de résister et de ne pas taper du pied. L'album est lancé, et Digitalism s'attaque à la conquête de masse.

Les complexes, Digitalism ne connait pas. On retrouve même sur ce premier opus une version distordue du Fire in Cairo des Cure, ici retravaillé pour devenir Digitalism in Cairo. Un hommage qui m'a fait sourire, et que les plus jeunes d'entre vous devraient poursuivre avec la réecoute urgente des premiers jets du groupe de Robert Smith, pré 1983 ( jusque Pornography ). Les morceaux se suivent et s'enchainent, l'album est mixé et ne donne pas de répit à l'auditeur... toutefois voici que passée la première demie heure, une certaine lassitude pointe le bout de son nez. Digitalism se serait endormi?

Certes, le single Pogo est efficace, et mérite d'être retenu dans la compilation des morceaux incontournables de l'été. Mais la recette du maelstrom Digitalism peut vite souler à la longue qui n'est pas un inconditionnel de ce type de musique electro. La jouissance du début peut laisser place à l'indifférence, car Idealism contient bien un petit ventre mou qu'il convient de citer pour être honnête. En concert, on attend le feu, et Digitalism sera surement une bête scènique pour la prochaine decennie, mais sur cd, il va encore falloir travailler au corps l'auditeur pour accéder à la reconnaissance suprême. Un premier jet honnorable toutefois, avec de biens bon moments et des pauses évitables. Erreurs de jeunesse? (6,5/10)

Digitalism: Idealism
Digitalism : premier album globalement sympa!

Commenter cet article