FATAL BAZOOKA

Publié le par DEVOTIONALL

Dans la série comment gagner un public nouveau en tombant dans le populisme le plus total, voici venir FATAL BAZOOKA sur ce blog. Rien que le nom de l'artiste ( ? ) est déjà un hymne à la faute de gout ( satanés claviers italiens qui ne possèdent pas l'accent circonflexe... ) et vous pouvez légitimement vous etonner de retrouver cet album aux cotés de ceux que nous vous proposons régulièrement. Toujours est-il que j'ai souvent clamé ma méfiance voire ma répugnance envers le rap, et que récemment je me suis surpris à écouter certains morceaux avec plus d'attention, et en apprécier quelques uns. La tentative de tourner le mouvement en dérision de Mickael Youn m'a poussé à précipiter la chose, et j'ai donc bravé l'impensable : je l'ai chroniqué. 

Youn a un seul talent et il l'exploite à fond : exposer ses fesses à l'air devant des parterres d'abord médusés, puis fatalement lassés. Son comique a la finesse d'une grosse choucroute en pleine canicule : meme si vous adorer ce style de nourriture, il y a fort à parier que vous n'allez pas en redemander. Ses premières apparitions, pour le Morning Live de M6, sont ce qu'il a su faire de mieux, de plus frais, avant que le show business et les salons pour handicapés mentaux tenus par Arthur et consort ne lui fassent perdre la raison. A l'époque le sieur Youn avait developpé un certain talent pour le pastiche et la caricature et proposait des versions parodiques de groupes musicaux improbables, et ça marchait souvent. Des années plus tard, le concept devient album, avec des morceaux franchement amusants, d'autres purement anecdotiques, un patchwork qui rapportera au final beaucoup de gros sous.

Il faut admettre que Youn est crédible en rapeur. Pas forcément comparé aux grandes pointures du genre, mais si on le mesure à la daube quotidienne dont Skyrock abreuve notre pauvre jeunesse, il trouve naturellement sa place. Le single Fous ta cagoule est cent fois plus crédible que le meilleur morceau de Diams, par exemple. Simple, reprenant avec pertinence les codes du genre, drole, ça marche, et ça passe. “Je voudrais jeter un slam pour cette maladie qui l’hiver, l’anus m’irrite. Un virus venu du froid qu’on appelle gastro-entérite” C'est du grand corps malade qui cesserait de se prendre au sérieux, ce qui est finalement tout ce qu'on demande à l'endimanché du slam. Mais à coté de cela, nous trouvons aussi pas mal de morceaux purement anecdotiques, de petites parodies sans grande saveur qui s'oublient aussi vite qu'on les écoute. Cependant il suffit de jeter un oeil sur les messages de haine qui pullulent sur les forums de rap pour comprendre que Youn a réussi en partie son pari, et inciter à jeter une oreille sur son travail. Les pseudos rapeurs savoyards sont avec Kamini ce que le genre a fait de plus drole et de plus léger en France, un pays sinistrè qui se partagent entre enragés des banlieues ( total crédibilité, attitude bad boy totalle constipation ) et pseudos poètes illuminés ( l'as de trèfle qui pique ton coeur , bientot sur le parking de votre hypermarché ). Ce n'est pas avec ça que les collègiens vont se cultiver, mais si au moins ils pouvaient acquérir le sens du second degré... Et pendant ce temps là, Youn ne nous montre plus son cul; il est chanteur maintenant...  ( 5,5/10  avec l'indulgence du second degré )


Le Single du groupe : vous connaissez surement...

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