TELECHARGEMENT ILLEGAL ET CRISE DU DISQUE

Publié le par DEVOTIONALL

Le monde de l'industrie discographique va t'il si mal? Connait-il une crise sans précédente, principalement en raison du téléchargement illégal sur Internet ( comme il le laisse croire ) ou la réalité est-elle toute autre. Eléments d'explications avec le bilan aout 2006.

Le SNEP (syndicat national des éditions phonographiques) a fait état lors du 41e MIDEM d’un bilan très décevant pour les maisons de disques. La vente de disques a (dé)généré l’année dernière un chiffre d’affaires global (prennant en compte les ventes physiques et numériques) de 862,7millions d’euros, en baisse de plus de 10% par rapport à l’année dernière. Le chiffre d’affaires correspondant aux ventes physiques chute quant à lui de 12,4 % et passe ainsi à 819,2 millions d’euros.

Les chiffres de 2006 se décomposent ainsi : les ventes de « singles » sont les plus affectées avec une baisse de 18,9%, baisse qui touche également les albums (-9,2%) et les vidéos musicales (-27,8%).

Le marché numérique atteint quant à lui 43 millions d’euros avec une hausse de 42%, décomposée ainsi : + 77% pour le téléchargement et + 36% pour les sonneries de téléphone mobile ; mais cette hausse ne permet pas de corriger le tir. Le marché numérique du disque ne représente en effet que 6% du marché total.

Le développement du peer-to-peer illégal est bien sûr le responsable pointé du doigt de cette nouvelle crise du disque. Mais ces chiffres sont d’autant plus difficiles à accepter pour les majors que ceux de 2005 laissaient prévoir une nette amélioration. Interrogé par Le Figaro, Stéphane Bourdoiseau, président de l’UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants) et du label Wagram s’inquiète de la survie des labels indépendants. Il estime qu« une catastrophe culturelle menace la musique » et interpelle les candidats à la présidentielle sur l’avenir de la musique francophone et sur la question de son financement. Il propose la mise en place d’une taxe à la charge « des entreprises des nouvelles technologies qui profitent le plus de la musique » (entreprises dans le domaine des télécommunications et de l’hi-tech), taxe qui permettrait de rééquilibrer la répartition de création de valeur permise par la musique entre les différents acteurs : distributeurs, diffuseurs, producteurs et artistes.

Cette mesure, accompagnée de la création en 2006 du crédit d’impôt pour la production phonographique, devrait permettre à la musique francophone de remonter doucement la pente.


Le rêve de Polydor, EMI et les autres : mettre tous le monde en cage!

Il est amusant de constater qu'à aucun moment le prix exorbitant des nouveautés, surtout qu'elles sont désormais confrontées à la réalité d'Internet, n'a été abordé. Idem pour la piètre qualité de la soupe commerciale qui nous est régulièrement servi. De plus la scène connait un essor sans précédent : les concerts connaissent une seconde jeunesse, mais le phénomène est là encore totalement passé sous silence. La poule aux oeufs d'or, après avoir permis à de nombreuses maisons de disque de s'enrichir de manière éhontée, est menacée. Rappellons encore que les artistes se plaigent de ne recevoir qu'une petite partie du prix de vente du CD dans le commerce. Entre 7 et 9 % en général, un peu plus si l'artiste est aussi auteur compositeur. Le distributeur, qui n'a rien d'un artiste, empoche 40 % ! Le producteur d'un album se garde de 18 à 20 % des bénéfices. Le prix de revient d'un cd vierge vendu ensuite dans le commerce est dérisoire ( moins de 1 centime ). Alors quand vous voyez un album vendu près de vingt euros à la Fnac ou chez Virgin, gardez à l'esprit que parfois les criminels et les profiteurs ne sont probablement pas ceux qui téléchargent à la maison des fichiers, qu'ils n'auraient de toutes manières pas les moyens d'acheter autrement; et ne portent donc au final qu'un préjudice mesuré au phénomène actuel. 
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