RADIO DEVOTIONALL LA DERNIERE ! et LE VENTRE DE PARIS

Publié le par DEVOTIONALL

C'esT L'HEuRe de LA DeRNIeRE de RADiO DEVotIONaLL !!!

Voici donc venir le player pour accéder à notre heure culturelle. 
Encore de bons moments en prespective !


NOTRE DERNIERE PROGRAMMATION MUSICALE

THE TRANSISTORS   Spyderotica
RECOIL   Bloodlines
INTERPOL   Rest my chemistry
BISHOP ALLEN   Rain
APPARAT   Limelight
SUPER FURRY ANIMALS   Neo consomer
ORBITAL   The box ( remix )

Rendez-vous à la rentrée ? 

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Si vous aimez les romans fleuves, si vous appréciez ces pavés qui sont aussi des témoignages sur l'histoire sociale de la France et vous n'avez pas peur de vous immiscer dans ce qui fait le coeur de l'histoire populaire française, les romans de Zola sont une minière inestimable de ressources. Je viens de me plonger dans un de ceux que je n'avais jamais lu, LE VENTRE DE PARIS. Ce ventre, c'est à la fois une image démographique ( le ventre de Paris est ici le quartier populaire de Paris des Halles, petite cité marchande ) et aussi une image gastronomique ou anatomique ( on y parle beaucoup de nourriture, entre une boucherie et une poissonerie où se déroule l'action ). Si vous croyez que c'est austère et illisible, c'est probablement que vous êtes nés après 1980, et que vous n'avez de la littérature que des concepts surfaits, habitués que vous êtes à un enseignement light adaptés à votre paresse moderne.

 

Florent a été envoyé au bagne, à Cayenne pour le meurtre de deux gendarmes, mais, innocent, il s'en est évadé. De retour à Paris, il trouve finalement un heureux asile chez son demi-frère, le charcutier Quenu, qu'il a élevé. Celui-ci, avec sa femme Lisa ( une matronne comme on en fait plus, toute en forme mais attirante et désirable) , règne dans les Halles, dans leur charcuterie prospère et soignée. Pour éviter la honte et les commérages ( et surtout parce qu'il est un évadé, ne l'oublions pas! ), Florent est présenté comme un lointain cousin, et est proposé au poste d'inspecteur des Halles; travaillant donc pour l'Empire alors qu'il ne songe qu'à s'en venger, le jugeant coupable de ses années d'emprisonnement. Plein de rancoeurs, il va retomber bien vite dans la politique et les complots, ce qui le mènera à sa perte. Roman social et engagé donc, qui démonte avec une presque perfection les ravages de la jalousie et de l'envie, associés à l'activisme politique qui perd les révolutionnaires. A méditer pour ceux qui associent Sarko et le fascisme et prétendent que la liberté d'expression n'existe plus, en 2007.

Les Halles occupent dans une grande partie de ce roman la place de protagoniste : descriptions lumineuses et édifiantes des maraîchers, des poissoniers, de la frénésie qui donnent à Paris la possibilité de se nourrir, ou de s'engraisser, pour les couches aisées. Envies et travers du genre humain sont ici analysés par le prisme des commerçants, d'une couche petit bourgeoise qui s'est constitué une petit "coussin economique " qui lui permet d'éviter tout contact avec une plèbe morte de faim. Se croire au dessus du commun des mortels parce qu'on possède un bien illusoire ( ici du poisson tous les jours, là une belle voiture ) reste d'actualité. Quel bonheur de n'être que borgne quand on s'entoure d'aveugles! Zola dans un de ses romans les plus vrais, qui évitent en plus de tomber dans le misérabilisme, grâce à la flamboyance gastronomique des Halles. Harry Potter, vade retro. 


Les Halles en 2007 : Le Ventre de Paris est toujours aussi affamé?

Extraits choisis :

Florent rencontre le personnage de "La Belle Lisa", charcutière voluptueuse, qui trone au milieu de sa boutique. Séduction par l'estomac?
 La belle Lisa resta debout dans son comptoir, la tête un peu tournée du côté des Halles; et Florent la contemplait, muet, étonné de la trouver si belle. Il l'avait mal vue jusque-là, il ne savait pas regarder les femmes. Elle lui apparaissait au-dessus des viandes du comptoir. Devant elle, s'étalaient, dans des plats de porcelaine blanche, les saucissons d'Arles et de Lyon entamés, les langues et les morceaux de petit salé cuits à l'eau, la tête de cochon noyée de gelée, un pot de rillettes ouvert et une boîte de sardines dont le métal crevé montrait un lac d'huile; puis, à droite et à gauche, sur des planches, des pains de fromage d'Italie et de fromage de cochon, un jambon ordinaire d'un rose pâle, un jambon d'York à la chair saignante, sous une large bande de graisse. Et il y avait encore des plats ronds et ovales, les plats de la langue fourrée, de la galantine truffée, de la hure aux pistaches; tandis que, tout près d'elle, sous sa main, étaient le veau piqué, le pâté de foie, le pâté de lièvre, dans des terrines jaunes

Le mot de la fin, par Claude Lantier, ami de Florent:
"Quels gredins que les honnêtes gens!"...

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Commenter cet article

Isa 01/07/2007 14:41

C'est très bien tout ça, mais c'est pas la dernière tout court, quand même? A quand la quotidienne!!!