DAN DEACON - Electro deuxième degré

Publié le par DEVOTIONALL

Blatimore, pour beaucoup d'entre nous, c'est le juste un nom vague, un recoin d'amérique où ne mettre probablement jamais les pieds. Ce qui fait qu'on ne pourra jamais y rencontrer DAN DEACON, dont l'album, fraichement sorti, à le mérite de nous faire revoir nos concepts de musique electro expériementale. Personne ne l'attendait, il a donc eu tout le loisir de peaufiner du bien joli travail à l'abri de la moindre forme de pression. Sur wooody wooodpecker, Deacon fait tourner un morceau entier sur le célèbre cri de satisfaction du pic-vert et sur une rythmique aussi piquante que le piaf frappant un arbre. C’est complètement deuxième degrés, anecdotique et ça ouvre cet album qui s'annonce d'emblée déroutant. Le morceau met en avant ce que seront les armes préférées de l’électronicien : des synthés entre jeu vidéo, jouet Fisher price et électro-pop 80’s et des boîtes à rythmes répétitives qui piquent comme des dards d’abeille. Par ces aspects, et par les sonorités entendus, Dzacon tente le grand pont entre les jambes d'Orbital et les allemands de Mouse on Mars.

Dan Deacon pourra séduire les nostalgiques de Devo, Kraftwerk ou… de Jean-Michel Jarre (ces derniers trouveront quand même Deacon un peu trop fou à leur goût : les fans de Jean Michel étant tout de même à l'electro ce que Weight Watcher est à la grande cuisine parisienne). Par le prisme de ses sons électroniques, notre hurluberlu fait volontiers du skank (The Crystal day), du Talking Heads s’amusant déjà à détourner la folk de la campagne (Wham city pour un deuxième niveau de relecture). Il éclate complètement la pop dansante girlie ( Okie Dokie), distord dans tous les sens ce qui pourrait être un hymne house (Snake mistakes, Daft Punk dans l’esprit) et dynamite totalement Trippy Green skull en électro-fuzz-noise Ce qui rend au final totalement jouissif la musique de Dan Deacon, c’est que l’Américain fait ses expérimentations musicales à partir d’un terreau ultra grand public voire sous culturel (comme pouvait le laisser entendre le titre de l’album). L’album est peut-être un peu fatigant sur la longueur mais en attendant quel camouflée pour tous les pseudos hard rockeurs, goths et tous ceux qui veulent être rebelles : pas de guitare à l'horizon sur cet album etrange, mais l'assurance que l'originalité et la qualité peuvent encore faire bon ménage, pour peu que derrière se cache aussi un zeste de talent, cette notion trop souvent galvaudée. A écouter, pour se mettre entre les oreilles quelque chose de différent, vraiment. (7/10)

 

                       

Publié dans Journal des culturés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pedro 05/06/2007 16:40

Artiste complétement bargeot, mais qui fait des trucs qui sont vraiment bonnes à entendre. Et que je trouve pas à la fnac...