NAPLES : Un été sous les ordures

Publié le par DEVOTIONALL

A Naples, le problème des ordures ménagères et industrielles est en train d'assumer des proportions effrayantes. Depuis maintenant des lustres, la camorra ( mafia locale ) gère le tri, le stockage et l'éventuel recyclage, et ces activités font vivre des centaines de personnes. Bien entendu, en réalité, rien n'est fait, et des centaines de tonnes de déchets se sont progressivement acumulés dans des no man lands de la périphérie. Depuis quelques semaines la situation s'est dangereusement accelérée : les detritus jonchent le ville et menancent d'engloutir les napolitains. Plus d'endroit pour stocker, personne pour résoudre ce problème urgent : des tas de trois mètres de haut jonchent Naples toute entière alors que chaque jour un millier de tonne d'ordures vient s'ajouter à la masse déjà présente.

Face à cette situation inextricable, les habitants de la ville continuent de brûler une partie de leurs ordures en dépit des appels répétés des pompiers, qui alertent sur le risque de diffusion de substances toxiques comme la dioxine. Par ailleurs, il existe un réel risque sanitaire du fait de la prolifération des rats et autres rongeurs qui peuvent véhiculer des maladies. On parle même du possible retour du cholera cette été si les températures restent très elevées, et si rien n'est fait. Chaque nuit ce sont des centaines d'incendies volontaires qui prennent dans les rues napolitaines, au mépris des plus évidentes conditions de sécurité et de salubrité. Les pompiers, eux, se font caillasser...

Pour tenter de résoudre le problème, le gouvernement de Romano Prodi ( le flan qui sert de premier ministre ) avait prononcé par décret le 10 mai dernier, l'ouverture de quatre nouvelles décharges dans la région. Cette décision qui avait provoqué la colère des riverains, ne devrait donc pas être effective avant plusieurs semaines. Dans l'attente, les maires de certaines communes sont obligés d'agir. Ainsi, le maire de Frattamaggiore, une ville de 30 000 habitants au nord de Naples, à décréter la fermeture des écoles depuis hier et jusqu'à nouvel ordre afin de protéger la "santé des élèves et de tous ceux qui travaillent dans les établissement". Pendant ce temps les decharges, toutes pleines, restent au main de la criminalité locale et Naples appartient aux rongeurs qui se déchaînent. Bienvenus dans l'antichambre de l'enfer !

                            
                     Naples en 2007 : C'est ainsi devant chaque immeuble!

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