TARWATER : "Spider smile"

Publié le par DEVOTIONALL

                                Le journal des culturés présente :
                         TARWATER : Les allemands sont de retour


L'
Allemagne, c'est parfois une série de poncifs, tel la biere à Munich, la choucroute, l'inspecteur Derrick ou un petit moustachu enervé. Pour les amateurs de (bonne) musique c'est aussi une contrée fertile en productions electro de très bon aloi, jamais démentie depuis l'intronisation de Kraftwerk, precurseur du genre, dans les années 70. Parmi la scène actuelle, TARWATER compte parmi les plus discrets et les moins flamboyants, mais ils sont également parmi les plus interessants et productifs, et ne démentent jamais leur réputation de compositeurs exigents et de talent. Le nouvel album qui vient à peine de sortir est tout simplement incontournable : sprechen sie deutsch?

En plus c'est une boutade, l'album est en anglais. Spider Smile, c'est son titre, est bourré de beats robotiques et de rythmes faussements gelés, qui vous feront pourtant battre du pied. Tarwater, c'est l'art de faire bouger son public sur un mid tempo froid et parfois glacial, mais qui décongèle très rapidement. Il suffit d'écoute les second morceau, World of things to touch, pour s'en convaincre : vous allez l'avoir en tête pour la journée, malgré la structure rigoureuse du morceau. De la new wave triste et crispée, qui se décomplexe d'un coup et s'infiltre dans le cerveau. L'accent allemand de Bernd et Ronald, les deux têtes pensantes du groupe, ajoutent à l'ensemble cette touche d'exotisme anxieux qui sied si bien à la musique allemande, quand elle ambitionne l'exportation.


Deux allemands qui attendent leur biere patiemment : Tarwater

Certes, la réputation de Tarwater reste confinée à un groupe d'auditeurs attentifs, et n'a toujours pas percé parmi le grand public. Tentez donc de demander, dans les cours de recré ou chez la ménagère de 40 ans, ce qu'ils pensent du duo berlinois, vous obtiendrez bien peu de réponse. Et pourtant, c'est un des groupes les plus intrigants de ces dix dernières années. N'oubliez pas d'aller repêcher, si ce n'est déjà fait, l'album de 1998, Silur, qui est un monument à la claustrophobie et à la mélancolie electro, et celui de 2000, Animals, suns et atoms, qui est beaucoup plus guilleret, la version souriante du duo allemand, pour les soirs de fête. Tarwater, c'est come une bonne glace les soirs de canicule, c'est évident et ce serait idiot de s'en passer. Ce nouvel album est en plus un des tous meileurs, voire peut être le meilleur depuis dix ans. Vous en faut-il pour vous convaincre? (7,5/10)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article