ULTIMATE SPIDERMAN deluxe

Publié le par DEVOTIONALL

Le problème pour les néophites qui désirent pénétrer dans le monde des comics Marvel, s'appelle la continuity. Derrière ce vocable austère et américain se cache un concept simple : c'est l'héritage des épisodes passés, tout ce qui a bien pu se produire dans chaque série, en parfois plus de 40 ans d'existence, et qui fait qu'aujourd'hui le lecteur initié apprécie à la folie tel ou tel personnage alors que le nouveau venu n'y pige absolument rien et se sent perdu. Un peu comme ces telenovelas brésiliennes ou américaines, Dallas et autres consorts, où des centaines d'épisodes déjà diffusés rendent l'action bien confuse, avec en plus un rythme un tantinet soit plus effréné ( Victor hésite à se raser la moustache depuis dix ans dans Les Feux de l'amour, suspens insoutenable ). La compagnie Marvel Comics, toujours à la pointe du business super héroïque, a donc pensé à tout ce peuple désorienté et rebuté par cette continuity, et lancé il y a quelques années la collection ULTIMATE : on repart de zero, avec une version actualisée des super héros d'autrefois, dans un monde moderne et avec un ton et un esprit résolument décapant. Au final, une grande réussite commerciale, et un bien joli coup artistique.

SPIDERMAN n'échappe pas à la règle. Dans ces premières aventures ( notre volume comprend les 13 premiers numeros d'Ultimate spiderman ), le tisseur de toile est toujours Peter Parker, intello empoté qui se fait mordre par une araignée, non plus radioactive, comme dans les 60's, mais génétiquement modifiée. Il obtient cependant les mêmes pouvoirs, et sa suffisance et sa bétise d'ado egoïste provoque la encore le décès de son oncle, assassiné par un voleur que Monsieur n'a pas voulu arrêter. Ce triste événement amène à la fameuse remarque qu'à grands pouvoirs, grandes responsabilités, et voici le monte en l'ai prêt à jouer les redresseurs de torts. On y retrouve également les mêmes amis et ennemis de Peter que dans le comics traditionnel, toutefois relookés et caractèriellement revus et corrigés. Le scénario est de Brian Bendis, le divin chauve qui révolutionna le monde Marvel par ses scénarii audacieux, et les dessins sont de Mark Bagley, un artiste au trait un peu expéditif et caricatural, mais efficace et fidèle ( plus de cent épisodes consécutifs de Ultimate Spiderman ) qui fit les délices de la série régulière Amazing Spiderman, dans les années 90's.

Au fait, un adolescent timide et gauche avec les filles, qui s'enferme dans sa chambre pour bidouiller Dieu sait quoi en cachette ( des lance toiles ) et qui se découvre progresivement des nouveau pouvoirs, et qui se met à produire une substance visqueuse qui jaillit sur simple pression, ça vous fait penser à quelque chose? Dans ce volume édité dans la prestigieuse collection Marvel Deluxe ( un pavé sur papier glacé de très belle facture ), nous retrouvons les affres de l'adolescence de Peter Parker, l'innocence de ce personnage auquel s'identifièrent plusieurs générations, ce qui explique le succès jamais démenti de l'homme araignée. L'humour est présent à chaque page, l'insouciance se la dispute aux affres d'un jeune homme surdoué aux prises avec des super villains redoutables et sa propre puberté mal négociée : un cocktail qui peut faire sourire, mais qui nous permet au passage de saluer Stan Lee, le grand créateur de ces légendes de papier, qui nous emballent depuis des lustres. Vous avez 25 euros à placer pour un fort beau volume de collection? Ultimate Spiderman semble tout fait pour vous. Un must recommandé (8/10)

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