LAST NIGHT A DJ RUINED MY LIFE

Publié le par DEVOTIONALL

Le forum lycéen des métiers et l'ONISEP présentent:

DJ - METIER D'AVENIR ET PLEIN DE CONTRASTE...

Parmi tous ces métiers fascinants qui pourraient être les votres, et beaucoup moins probablement les miens, il y a celui oh combien réputé de DJ. Au sein de cette caste d'animateurs au micro et à la platine "chaud bouillant", il faut faire un distingo : tous ne sont pas des bêtes médiatiques proposant des blind test foireux en fin de programme chez Ardisson, ou n'oficient pas au Louxor pour les grandes soirées bulles et T shirts muillés. La plupart ne sont que d'humbles tâcherons qui évoluent poussivement durant les mariages de terroir, et leur univers est à mille lieues de l'electro branchouillarde et de la french touch. Ils tutoient facilement Gilbert Montagne et Patrick Sebastien, et font tourner les serviettes comme d'autres font exploser les dance floor. Cette fratrie d'obscurs anonymes m'a encore rappelé, samedi soir, combien elle sait m'être antipathique, et combien il est important de bosser au lycée, pour ne pas finir di djè associatif.

Le DJ pour mariage n'a pas une culture musicale des plus vastes : il a la même play list qu'il refourgue sans fin chaque week-end, dans un ordre immuable, et qui est composée en grande partie de tubes disco ou electro ringards, qui font passer softcell et leur Tainted love pour le comble de la modernitude synthétique. Samedi soir par exemple, il ne manquait que le petit bonhomme en mousse et Licence IV pour couronner un set de toute beauté, dont les fleurons furent incontestablement The duck's dance ( la dance des canards pour les non branchés ) et Viens dancer, sous le soleil des tropiques, il a quelque chose de magique... Mention particulière à ce DJ qui a pris des risques en diffusant Sunday Bloody Sunday, un tantinet osé pour et moderne pour le public remonté à bloc par les chansons à boire. Mais c'est sur ce genre de détails que se construisent les grandes carrières, et notre homme semble prêt à dinamyter les canons du genre : châpeau bas!

C'est que le DJ pour mariage doit tenir compte des goûts musicaux d'un public en général assez beauf : les grands mères cholestérolées et les papys qui bavent dans le buffet et ronflent dès 22 heures, ne sont pas habitués à Alex Gopher ou Orbital, il faut donc les ménager, et leur rappeller une jeunesse irrémédiablement perdue où Pétain s'acquoquinait avec son ami moustachu pendant que la France entière se sentait résistante. Personnellement, si vous me proposez d'écouter Bezu et sa bande chez moi en début de soirée, je prends le CD et je vous le fais ingérer en petits morceaux : alors pourquoi devrais-je improviser une sarabande éthylique avec d'heureux inconnus dès que retentissent les premières notes triomphantes d'Alaqueueleuleu ? En plus je ne bois (presque) pas, je n'ai donc même pas cette excuse bien lâche. Ah les bals d'antan, tout un art de vivre...

Et puis le DJ qui se la raconte animateur de centre aéré, voilà qui est bien lourd. Des concours des plus débiles pour réveiller une assistance apathique, il en connait tout un rayon : récuperer des épingles dans une bassine pleine d'eau avec la bouche, danse idiote avec des gages entre chaque morceau, la liste est très longue. J'ai même pris part à un blind test digne de Phil Corti qui nous a permis d'aller faire le plein de victuailles avant les autres : pas belle la vie? Mais donc, pourquoi je leur en veux autant, à ces DJ? Ils sont malhaureux, en réalité, conscients de leur ringarditude, attachés à leurs deux trois platines et leurs jeux de lumières qui sont leurs seuls instruments de travail. Ils vont d'Orchies à Libercourt, de la Creuse au Cantal, vendre leurs services pour les jeunes mariés, les communions, les baptêmes, les fêtes de village. Ce sont des vagabonds tristes, des troubadours condamnés à la faute de goût du samedi soir, qu'ils accumulent comme Travolta les disco enfièvrés à la bonne époque. Le peuple des DJ rêvaient surement de jouer à Bercy devant 30000 ados pré pubères en délire, et ils font danser, pardon, taper du pied, les rombières et les plombiers de nos village, depuis des générations. En fin de soirée, si vous buvez le calice jusqu'à la lie, Contact FM vous semblera presque une radio philarmonique, surtout si vous avez abusé avec l'alcool ( habile allusion à notre lectorat alcoolique que nous saluons! ). DJ de province, whoaaaa c'est suuuuupeeeeerrrrrrr ( à prononcer avec echo panoramique )!

Les victimes de DJ de mariage se réunissent en association, à la MJC de Seclin, chaque deuxième vendredi du mois.

 

Ce qu'il faut faire pour être DJ pour mariage :

* Obtenir ton brevet des collèges au rattrapage, et arrêter le lycée en fin de première

* Passer deux ou trois concours pour devenir postier ou agent administratif et les râter consciencieusement

* Te faire réformer au service militaire en tant que P3, pieds plats et problématiques psychologiques à tendance sociopathe.

* Prendre du Prozac chaque matin pour dissiper toute sensation de honte personnelle

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Devotionall 01/05/2007 19:39

Je n'exagère jamais, c'est bien connu! Attention toutefois, mes remarques caustiques d'aujourd'hui ne s'arrêtent que sur la figure du DJ, souvent pathétique, et ne vont pas au delà : je dis ça au cas où, n'allez pas voir entre les lignes ce qui ne s'y trouve pas.

Tommawack 01/05/2007 19:22

C'est à peine exagéré car tellement vrai !

Je comprends mieux alors ton état de dimanche. Néanmoins le pire est à mon avis :

- le DJ qui, réussissant à peine à mettre de l'ambiance (bref à amener pour la première fois plus de 10 personnes sur la piste) te claque de suite un bon slow de merde, ce qui fait s'asseoir à nouveau tout le monde...

- celui qui te fait durer unje jaretière 3/4 d'heure en prenant bien soin de dénoncer lourdement ceux qui ne donnent pas assez d'argent...

- le DJ qui fout intentionnellement de la zique de merde dès 1heures du mat' dans l'espoir de ne pas se coucher trop tard...