ORBITAL - The middle of nowhere

Publié le par DEVOTIONALL

Mille excuses pour l'interruption du blog hier, mais je suis débordé depuis trois jours. Retour en douceur ce lundi, et rentrée des rubriques régulières dans la semaine.

 

ORBITAL : THE MIDDLE OF NOWHERE

A l'heure où les frères Hartnoll, les deux membres du défunt groupe electro ORBITAL, sont sur le point de faire leur retour, nous avons décidé de revenir sur un des grands albums qu'ils nous ont déjà légués : "The middle of nowhere". Un choix d'autant plus necessaire que cet album a été le premier à être boudé par une partie de la critique spécialisée, toujours prompte à répandre son fiel dans la plus totale mauvaise foi.

Succédant à l'expérimental et acclamé In Sides, ce très bon album d'ORBITAL est probablement la production la plus accessible du groupe. The Middle of Nowhere allie les sonorités expérimentales de son prédécesseur ( le dit très cérebral In-sides ) aux voies feminines ( Alison Goldrapp quand même! ) pour une techno-ambiant plus mélodieuse et lyrique. L'album ouvre sur "Way Out", un morceau space-age digne du "Space March" du film Moonraker déjà retouché, quelle surprise, par Leftfield & Propellerheads, suivi par "Spare parts Express", une extension de l'ouverture de l'album. C'est à partir du troisième morceau que le "milieu de nul part" décolle dans un style qui lui est propre, où grosses basses, batterie, sons expérimentaux et choeurs féminins font bon ménage comme sur "Know where to run", "I don't know you people", "Nothing left 1" & "Nothing left 2". Dans le cas d'un groupe comme Orbital qui joue sur des sonorités expérimentales, les choeurs féminins viennent humaniser la technologie alors que chez Moby, ils ne sont que des sirènes envoûtantes. En parlant de Moby, son influence se fait ressentir sur "Otono" avec ses nappes de clavier mélodieuses et ses choeurs. Mais avec beaucoup moins de concession, même si à l'époque, rappellons le, le chauve de l'electro n'avait pas encore viré au tout commercial, comme c'est le cas aujourd'hui. L'album se termine avec "Style" et ses sons de clavier clavinova (l'age des cavernes du synthétiseur), sortie ironique sur le rapide dépassement de la technonogie et par la même de la techno. Lorsque j'avais eu la chance de rencontrer les deux frères avant un concert à l'Aeronef de Lille, ils m'avaient d'ailleurs bien confirmer que cet ultime titre était né d'une simple plaisanterie, un après midi d'ennui pluvieux à bidouiller en studio sur de vieux instruments.

A écouter les derniers albums des groupes techno anglais majeurs se copiant les uns sur les autres ou abordant les même thèmes, on peut se demander si ce mouvement est en train de se mordre la queue, dans une ultime auto-parodie de son manque d'inspiration actuel, ou si il tente juste d'accéder à un succés commercial plus large. C'est justement là que réside tout l'intêret d'ORBITAL, formation qui a su définir un vrai style qui lui est propre sans jamais se répéter outre mesure où devoir concéder à l'envie du moment ou au diktat commercial. Tout à tour cérébrale ou festive, la musique des frères Hartnoll oscille entre l'angoissant et le jouissif. Et ce Middle of Nowhere est une excellente façon de découvrir un groupe electro mythique, qui est à cete tendance ce que Bayrou est en avril 2007 à la France : le catalyseur de ce qui sa fait de mieux dans deux tendances opposées : la recherche et l'expérimentation, et la techno grand public. Orbital nous manque cruellement! (7,5/10)

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