CULTIVONS NOUS AVEC LE PETIT ECRAN

Publié le par DEVOTIONALL

Retour des rubriques régulières dès mardi, à la fin de ces vacances. En attendant, voici le programme :

CULTIVONS NOUS AVEC LE PETIT ECRAN

A chaque fois que je pense que la télévision a repoussé ses propres limites dans l'indécence et dans la stupidité, voici qu'elle réussit à me faire changer d'avis, et qu'elle poursuit son invraissemblable course à l'abrutissement des masses. Ainsi les chaînes privées italiennes ( non que le secteur public soit de meilleure qualité, il me faudrait des heures pour vous raconter les horreurs qu'on y retrouve ) sont elles parvenues à repousser la frontière de la débilité et du mauvais goût.

Dans un premier temps, elles proposèrent, l'automne dernier, une emission de télé réalité au titre éloquent : La pupa e il secchione : La "poupée" et l'intello, plus au moins. Dans cette engeance télévisuelle, des bonasses au QI proche de celui de la chenille du bombyx se perchent sur de hauts tabourets pour aguicher autant de pseudos intellos au physique pas si facile, certains de ces idiots savants étant censés être encore vierges. En gros, des putes vont devoir déniaiser des puceaux. Dit comme ça, c'est très lapidaire, et on se demande comment ce type de transmission peut finir en prime time, mais c'est bien le sujet, je vous assure. Les spectateurs doivent voter par SMS pour élire le couple idéal, qui gagnera bien sur une coquette somme en euros. Les concurents doivent se soumettre à toutes sortes d'épreuves : pseudos questionnaires de culture, match de catch dans la boue en petite culotte, nuit en commun dans un plumard une place filmée par des cameras infra rouges. Ce programme a plu à des milions de proxénétes en puissance, qui ont trop honte pour mater un porno en famille. Pourtant au moins les actrices et les acteurs y sont beaucoup plus crédibles, et jouent bien plus vrai.

La dernière trouvaille s'appelle "Uno due tre ... stalla " : Un deux trois, l'étable! On y retrouve les mêmes epreuves hautement édifiantes, mais cette fois les deux camps antagonistes sont constitués par des bonasses aux gros seins ( indispensable pour toute transmission culturelle italienne en 2007, la bonasse est une espèce en voie de dévellopement sur les ecrans ) d'un coté, et des paysans de l'autre. Le but est de savoir qui des deux est le plus con : l'idiote gonflée au collagene, ou le fermier en salopette. Les telespectateurs se font plumer à coups de sms pour éliminer chaque mercredi un des concurrents, et faire perdurer cette piteuse idée du moyen televisuel.

Le public français soulagé, rigole franchement, à s'en faire plier les côtes : sa télé à lui est bien loin de ces exemples de mauvais goûts. Elle ne propose pas ou plus de clowns à demi chauve qui hurle "le rideau Bill" pendant une heure trente, ni de jeux où des couples viennent rivaliser de blagues vaseuses à caractère sexuel. Il n'y a pas de presentateur vedette qui joue les avocats ou incite à la délation, ni de porno amateur en direct dans la piscine ou dans des manoirs aux portes de Paris. Ni de maniaques trisomiques qui organisent des retrouvailles bidons pour arracher les larmes d'innocents décerebrés. La télé française a du savoir vivre, elle. Pas etonnant que dans ce contexte, la chaîne la plus culturelle soit devenue Eurosport.

Avec mes plus sincères excuses aux trisomiques, pour les avoir comparer à ça.

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