COURRIER DES LECTEURS special elections par défaut

Publié le par DEVOTIONALL

LE COURRIER DES LECTEURS

Deux questions à Devotionall :

1. Si tu étais François Bayrou, que ferais tu, désormais ?

Je ne suis pas Bayrou, il se trouve! Je n'aime pas trop la couleur orange, et je n'ai pas vraiment la main fermière. Mais je suis politiquement parlant humaniste, donc je continuerai. Puisque le risque d'une montée des extrêmes semble conjuré, avec l'ogre borgne relegué à dix pour cent et éloigné du second tour, je pense que François peut même se permettre le luxe de ne pas décider. Si j'étais lui, j'en appellerais à la conscience des electeurs, en leur rappelant que puisque aucun des deux camps encore en course ne semble en accord avec les forces centristes, et qu'ils ont fait feu de tout bois durant cette campagne, et bien une abstention, ou un vote blanc, ne serait pas considéré comme un crime de lèse République. Après tout, que les partisans des deux camps se dechirent entre eux, les français ont aussi le droit de se fatiguer d'aller voter "utile" et de toujours devoir chosir par défaut. Il est important aussi de noter que bien que beaucoup d'élus UDF ont obtenu l'appui des forces de droite lors des dernières legislatives ou comunales, les electeurs de Bayrou eux, se sont surtout fédérés lentement autour du rejet viscéral de Sarkozy, comme Azouz Begag qui attribue au petit Napoléon un carton rouge à vie, en direct sur les plateaux de Canal. Si Bayrou venait à se positionner pour Royal, ou même dédouaner son electorat pour un choix en ce sens, notre Becassine nationale aurait alors de sérieuses chances d'accèder à l'Elysée, comme l'expression d'un rejet du candidat jugé trop "extrême". Le suspens reste donc encore entier.

Si j'étais Bayrou, je créerai bien vite un nouveau parti pour remplacer ce vieux sobriquet de UDF et entretenir une dynamique positive. Et pour le coup, je me positionnerais clairement au centre gauche, car il existe une réelle possibilité, à moyen long terme, de manger grande partie de l'electorat socialiste, qui en a assez de voir parler des Hollande ou des Montebourg, la bouche pleine de caviar.

2. Pourquoi le vote protestataire des humbles travailleurs, le vote prolo, finit bien plus souvent chez le FN que pour les comunistes?

La question mérite d'être posée. Autrefois le prolétariat votait comuniste, et entonnait l'internationnale sous la douche, bien avant le café matinal. Aujourd'hui il vote souvent pour le FN, et Le Pen fait ses choux gras de la misère sociale de certaines régions desastrées. Mon explication est la suivante, et fait froid dans le dos : Le comunisme ne fait plus tendance, il porte en son sein trop d'idées liées au sacrifice, à la lutte, au partage, trop de valeurs humbles et modeste. Notre société nous pousse à la possession, au désir. Posséder, certes, mais à condition d'avoir plus que le voisin, de lui être supérieur. Ce n'est pas un rejet du capitalisme qui motive le vote prolo, c'est la frustration de ne pas avoir trouvé sa place sur le grand manège du libéralisme à outrance. Mais tous veulent encore croire qu'en chassant deux trois arabes, en matraquant deux trois blacks, et en instaurant la préférence nationale dans tous les secteurs d'activité, ce sera le mât de cocagne pour tous, et qu'il n'y aura plus qu'à se servir. Le PC laissait vaguement paraître des vélleïtés d'entraide, de survie par la chaîne du genre humain, avec tous ses maillons soudés. Le Pen promet la guerre et que le plus fort ne fera pas de rescapés, et sa réthorique évolutioniste ( la loi du plus fort ) fait naître une lueur d'espoir dans le coeur de tous ceux qui n'ont plus que la frustration comme moteur pour avancer. C'est aussi en grande partie ce qui fait le succès de Sarko, et c'est bien fait pour la gauche et l'extrême gauche. A force de nier les problèmes ou de les minimiser ( flux migratoires, insécurité, dissolution des valeurs de la République ) ces partis ont permis à la droite dure de se réaproprier le terrain sans grands efforts. Il leur a suffit d'aboyer et de montrer les biceps ( Sarko se contente d'aboyer, les biceps de ce lutteur au physique de grissin sur talonnette ne sont pas crédibles ) pour entraîner le prolétariat dans la grande sarabande relayée savamment par des médias au service des appareils d'Etat. Par extension, c'est ce même mécanisme qui fit naître les grandes dictatures en europe, au siècle dernier.

Pour finir, citation véridique de Nicolas Sarkozy, mot pour mot, rien n'est inventé :

" Tout ce que la droite n'osait plus faire parce qu'elle avait honte d'être la droite, moi je le ferai. Tout ce qu'on a abandonné à l'extrême droite, je m'en saisirai ". Cela s'appelle aboyer, voire plus haut.

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manux 25/04/2007 13:10

Fine analyse politique mr Devotionall!! Effectivement, je pense que François Bayrou a enfin trouver sa légitimité politique apres ce premier tour...Les mots qu'il utilisait,les idées que bcp à droite comme à gauche raillaient ont ENFIN une consistance,un FOND: 6 820 000 personnes Ils devrait à brève échéance les utiliser en restant en marge des 2 vieux dinosaures(ps+ump) et surtout ne pas se départir de sa logique et de ses idées!d'autre part,un centre-gauche PUISSANT pourrait voir le jour!n'oublions pas q 60% des "Bayrouistes" du 1er tour semble "Royalement" pencher à gauche...
Cher Devotionall,je vous envoie mes sincères salutations