Jeudi 7 août 2008

Le temps guérit les blessures, et Zola peut enfin, en 1883, s’atteler à son nouveau roman décrit comme une « pause bucolique » dans son grand œuvre social des Rougon-Macquart. Le livre est publié la même année que « A rebours » de Huysmans, en pleine période décadente, et suite à une série de décès qui ont bouleversé l’auteur : inutile de dire que le ton sera empreint de pessimisme, que la mort sera présente et l’espoir bien mince ( incipit de La Joie de Vivre : Comme six heures sonnaient au coucou de la salle à manger, Chanteau perdit tout espoir ). Pourtant Zola va créer un personnage féminin, Pauline, modèle de constance, de femme capable de trouver la beauté, le coté aimable des choses, même dans les pires tragédies. En cela il s’agit là de proposer la figure de Denise, la vendeuse du Bonheur des dames, de façon plus aboutie et crédible. Eprouvée par les aléas de l’existence et du destin, elle fait face à un foyer en pleine perdition : entre Chanteau son père adoptif, malade profond et toujours en train de « gueuler » comme le dit l’auteur, une mère adoptive jalouse qui la ruine peu à peu, et Lazare, dont elle va s’éprendre à l’adolescence, et qui la condamnera à une vie misérable et de dédiction vaine aux autres.

L’action de la Joie de Vivre se situe en Normandie, dans une petite ville portuaire appelée Bonneville. L’héroïne en est Pauline Quenu, fille de Lisa Macquart et du charcutier Quenu (voir Le Ventre de Paris), orpheline à l’âge de dix ans et confiée à des cousins appelés les Chanteau. Héritière d’une fortune assez considérable, Pauline se laisse peu à peu dépouiller d’une grande partie de ses biens par madame Chanteau et son fils Lazare, sans pour autant perdre son amour pour eux, conservant jusqu’au bout la joie de vivre qui a donné son titre à l’ouvrage. Une certaine forme d’innocence qui vient continuellement se heurter aux réalités de la vie, au caractère égoïste et tristement humain de sa famille adoptive.

Tout devrait pourtant la conduire au pessimisme : elle aide les pauvres, qui la remercient en la volant ; elle déborde d’affection pour sa tutrice, qui lui dérobe pourtant une partie de son héritage et se met à la haïr ; amoureuse de Lazare, le fils des Chanteau, elle l’aide à mettre sur pied des projets chimériques, mais voyant que celui-ci lui préfère Louise, son amie et rivale, elle brise ses fiançailles avec Lazare et le pousse à épouser Louise. Elle garde pourtant confiance au milieu des épreuves et accepte même d’élever Paul Chanteau, fils de Louise et de Lazare, pour qui elle dépensera ses derniers deniers. Ce roman psychologique pousse la logique christique jusqu’au bout, l’esprit de sacrifice d’une jeune femme que tout pourtant devrait amener à la révolte, et à l’amertume. Des scènes d’anthologie parsèment cette réussite incontestable, comme celle de l’accouchement de Louise, la rivale de Pauline, qui s’effectue dans un bain de sang et vous tient en haleine un chapitre durant. Un roman qui va réussir à gagner les faveurs d’une bonne partie de la critique, et recevra un accueil assez favorable, confortant ainsi une bonne partie de la bien pensance dans l’idée que Zola s’est assagi, et que le pire est désormais passé. Une immense, colossale erreur, et cela alors que se profile à l’horizon de véritables brûlots, des romans socialement inacceptables pour l’époque, dont nous reparlerons très prochainement.




Les autres romans sont ici :

Au bonheur des dames

Pot bouille

Nana

Une page d'amour

L'assomoir

Son excellence Eugène Rougon

La faute de l'abbé Mouret

La conquête de Plassans

Le ventre de Paris

La curée

La fortune des Rougon

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Mercredi 6 août 2008

Le problème avec tout ce que nous avons vécu, c’est que nous ne pouvons jamais être surs de l’avoir vécu. Tout du moins de la manière précise et absolue dont nous croyons nous souvenir. Tous ces fragments qui me reviennent à la mémoire, toutes ces paroles et tous ces actes, les ai-je dits ou effectués tout comme ils se sont finalement logés dans ma mémoire ? Où bien les ai-je reconstruits, embellis, adaptés, interprétés, finalement trahis ? Tous ces moments de gloire ou de honte intimes, ces petits succès ou ces relatifs échecs, les moments plaisants et les plus tristes, ceux de pure joie et de grande tristesse ? Comme ci, comme ça, mais en suis-je bien sur ? Et vous-même, avez-vous bien conscience que tout ce que vous tenez pour certain sur votre passé, dans l’esprit et la mémoire d’autrui, peut avoir une signification totalement différente ? Nous censurons, déformons, retouchons à notre guise, comme si notre inconscience, qui est en fait pleinement consciente de nos limites et de nos besoins, s’efforçait d’opérer une sélection correspondant à nos aspirations du moment, où à nos craintes et à nos peurs, dans le cas des névrosés. En réalité plus on tente de se souvenir, plus on tente de mettre de clarté sur notre propre passé, plus on oublie vraiment de détails véridiques et forcément révélateurs, pour rejouer une scène plus personnel et trompeuse, un remake subjectif dont nous sommes ( mais pas toujours, c’est un drame ) le héros. Je ne connais rien de plus attirant et repoussant, en même temps, que l’idée de revenir en arrière, de revivre le vécu. Même en pensée, alors en actes, vous pouvez imaginez…

Je suis contre l’invention de la machine à remonter le temps. Par conviction, même si ça me tente…

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Mardi 5 août 2008

Pour une fois on ne pas nous rabattre les oreilles avec le concept du super type sans peur et sans reproche, porté par ses idéaux et sa noblesse d'âme. Le super-héros, jusqu’ici modèle de vertu, en prend pour son grade avec ce film. Hancock est asocial, alcoolique, susceptible, assez feignant, bas-de-plafond, violent en bref comme on le lui répète le long du film, c’est un sale con. Tout le contraire de Superman, avec qui il partage une seule chose : sa toute puissance, son invincibilité totale.

Will Smith incarne parfaitement le rôle. Non pas qu’il corresponde aux adjectifs de son personnage mais dans un film d’action fantastique il est comme un poisson dans l’eau. Certes il ne s'agit pas là d'un rôle des plus raffinés, et le critique pourra peut être faire la moue surtout si comparé au récent "Pursuit of happiness", mais étant l'un des héros d'une certaine coolitude à la black américaine, il fallait fatalement que cela arrive au grand ecran. En face, il n’y a pas de super-vilain. Et pour une fois ça fait du bien de ne pas voir un super-héros suivi de sa cohorte de puissants imbéciles ayant tous le même but : conquérir le monde. L'ennemi d'Hancock, c'est lui même. Ce n’est pas une adaptation d’un comics, et on ne s'en plaindra pas ! Les adaptations sont par nature peu fidèles et généralement décevantes pour les fans. Certains des super-héros existent depuis 60 ans et ont au moins une aventure par mois, résumer leur parcours en un film de 2H frise souvent le ridicule et conduit la plupart du temps à des aberrations chronologiques (X-Men) ou a des omissions rendant le héros fade et sans profondeur (Spiderman).

Dans ce film, c'est la solitude du héros qui lepousse à plonger dans le coté obscur de l'individu. Alcool, frime, tout est bon pour évacuer un dangereux mal de vivre, un malaise persistant chez un être que rien ni personne n'est en mesure d'arrêter.  Une vraie solitude et pas juste le sentiment habituel du super-héros tiraillé entre son devoir et le besoin de protéger ses proches qui l’oblige à avoir une double-vie. Au final on en tire un film agréable et divertissant dans sa première heure, avec de bonnes petites trouvailles et des sourires faciles. On se perd un peu dans un final rocambolesque et qui soulève autant de poussière que d'interrogations. On a même l'impression que le réalisateur pris par le temps, a décidé de bacler son film avec moult explosions, pour en finir avec ce qui jusque là semblait pouvoir mériter le titre de petite réussite plaisante. Dommage car il y avait là un potentiel certain, en évitant le sensationnel et le grand guignol de la dernière demie heure. Ce qui n'empêche pas le tout de rester assez correct, même si loin de ce que j'attendais de cette sortie, pour laquelle il y avait tant à dire et à faire. (6/10)


Hancock : l'affiche du film

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Lundi 4 août 2008

Les vacances continuent, il me reste donc tout le mois d'août. En attendant, je ferais de périodiques retours, ces prochains jours, sur le mois de juillet écoulé. En commençant par mes performances de footballeur à Avellino. Oubliez Cristiano Ronaldo et les autres tapettes du genre, voici venir Devotionall futur ballon d'or, auteur d'un but extraordinaire durant le match de vendredi dernier, un ballon en feuille morte déposé sur la tête du gardien, d'une position de départ très défilée sur la gauche. Un chef d'oeuvre, tout simplement. La photo suivante a été prise durant l'interview pour Canal Satellite, avec ManuX sur la gauche. Le flash dans les yeux explique l'air hagard...



Et pourtant, il faut tout de même faire preuve d'honnêteté. L'entrainement à Avellino se fait principalement à base de pizze et d'apéritifs, dont je suis un des grands spécialistes en Europe. Ici j'expose la théorie du 4-4-4 sur la table du bar.



Des vacances particulièrement éprouvantes, donc, comme on redoute d'en avoir trop souvent...

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Dimanche 3 août 2008

Suite des aventures italiennes en photo. Un tout petit pas pour l'humanité, un bon pas pour nos vacances.


Le trio réuni à Caserta. Tommawack est affublé d'un bandeau noir, non pas pour émuler Zorro, mais pour préserver l'anonymat de ce type bien timide... et lui éviter ainsi les geôles françaises.



Les jardins de Caserta, au Château ( dans le fond ). Une distance sidèrale à pieds sous un soleil de plomb, pour apprendre que la partie exotique, la plus intéressante, était fermée au public. ManuX ne s'en est pas remis.


Le Palais de la Seigneurerie de Florence, un soir de famine à la recherche d'un restaurant décent. Florence, ville à touristes, à visiter hors saison.


Pisa again. Dans le fond la Tour qui penche toujours par grand vent. On aurait pu faire la traditionnelle photo simulant de pousser la Tour, mais nous ne sommes pas japonais.


Galleria Vittorio Emmanuele de Naples. Un superbe ouvrage avec malheureusement là encore... des vendeurs à la sauvette, semi clochards avec leurs chiens, qui campent en plein centre, sans papiers. L'Italie serait une dicature? Vous êtes surs?

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