Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /Août /2010 00:30

CINEMA : TOY STORY ... EN 3D

 

Au départ, j'avais prévu de rédiger un petit papier sur le dernier Pixar en date, la grande attraction estivale, TOY STORY 3. Au départ. Car j'ai beau faire et refaire, j'en reviens toujours au même constat. Lire plus bas pour comprendre. Cela dit que cela ne vous rebute pas, car c'est d'une très bonne cuvée qu'il s'agit ici; comme s'il y en avait de mauvaises lorsqu'on évoque Histoire de jouets (en VF). On prend les mêmes et on recommence, avec Andy l'ingrât qui part à l'université et délaisse ses jouets d'enfance. Ces mêmes joujoux qui finissent leur déjà bien longue existence dans une garderie d'enfants qui ressemble plus à un camp concentrationnaire, tenu de main ferme par une gallerie savoureuse de nouveaux personnages, tour à tour effrayants ou caustiques. On prend plaisir également à suivre le duo de Mattel, Barbie et Ken, qui sont ici caricaturés à l'extrême. De l'humour un peu facile et prévisible, mais qui décoince bien les scènes les plus tendues du film. N'oubliez pas, si vous êtes un(e) grand(e) sensible, de prendre avec vous quelques kleenex pour les scènes de fin, en vue d'un adieu cette fois définitif avec le petit monde de Toy Story, qui donne dans le recyclage intelligent. Ce qui n'est pas une sinécure, compte tenu qu'aujourd'hui, les gamins sont de plus en plus tôt baignés dans l'ère de la toute puissante technologie multimédia, au point de se voir dotés dès le cours primaire d'I-pod et autres sorcellerie modernes. Bigre. Mais que vont devenir les soldats de plomb d'antant? Et maintenant je reviens à mon aigreur : à bas la 3D qui envahit nos salles obscures!

 

 

La pertinence de la 3D est encore à démontrer, en l'état de la technique actuelle, mais qu'elle soit avant tout une nouvelle façon de traire les inépuisables vaches à lait que sont les consommateurs, est une réalité tristement confirmée. Quel immense plaisir que de payer désormais sa place douze euros au Pathé Gaumont pour assister au médiocre spectacle de blockbusters sans âme (Le choc des Titans) ou à des âneries complètes, qui feront vite passer aux enfants l'envie de le rester (Alice de Tim Burton, dont la mort artistique remonte à un certain temps si j'en juge par l'état de décomposition du cadavre). Même les heureux détenteurs de la carte pass mensuelle doivent débourser un supplément de deux à trois euros pour pénétrer dans le Saint Graal de la cinématographie. Ce qui fait par exemple, pour un couple avec un enfant, 36 euros pour les places, plus le coca/pop corn que ne manquera pas de réclamer l'odieux rejeton, soit entre 40 et 50 euros pour une sortie ciné impromptue, à la portée de toutes les bourses. Les lunettes qui vont seront gentillement prêtées par une hôtesse "mi pute mi soumise" au royaume de l'argent roi et de la création foulée aux pieds, seront si opaques et inconfortables qu'elles annihilissent tout plaisir de l'image, des couleurs, et ternissent la pellicule d'une patine sinistre, comme si vous regardiez votre film à travers un tesson de bouteille. Les effets 3D pour lesquels vous avez si cher payé sont le plus souvent de purs gadgets poussivement réalisés, et la meilleure surprise de cette technologie reste encore et toujours, à cette date, la pub haribo qui précède la séance, où là pour le coup vous avez l'impression de vous prendre une poignée de friandises dans la poire. Mais c'est une illusion d'optique, ça vous en coûterait 3 euros de plus en caisse, pour machonner ces saloperies chimiquement (mal)traitées.

 

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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 00:02

MUSIQUE : Katerine, Minitel Rose, Sparklehorse et Dj Shadow

 

C'est l'été et la saison se prête idéalement à ne rien glander, à regarder les secondes qui s'egrainent et disparaître dans la vacuité et la paresse la plus totale. Bref, c'est la saison idéale pour le retour de Philippe Katerine, qui annonce un album éponyme pour la rentrée, successeur du fort loué "Robots après tout". Le single précurseur s'intitule "La banane" et semble un manifeste parfait de l'univers de celui qui posa en col roulé improbable sur la pochette de son dernier Lp en date. Plus parlé que chanté, ce nouveau titre rappelle que le type en question est un sacré faignant et un foutu branleur (ainsi veut-il faire croire), et entre cris de chouette sur-aigus et revendication fruitière (mais laissez le donc manger sa banane!), il s'applique à coller parfaitement à l'image qu'il aime à donner de lui depuis quelques années. Pas de surprise donc, c'est bien du Katerine tout craché.

 

 

Restons français et mettons le cap sur Nantes, où officient de curieux épigones des Bee-Gees version electro, qui investissent les pistes de danse estivales avec aisance. Minitel Rose, c'est d'eux dont il s'agit, présente un nouvel album, qui est aussi l'occasion d'expliquer aux plus jeunes qu'avant l'ère d'Internet et de Google qui a réponse à tout, il fallait se réfugier sur une grosse boite merveilleuse pour obtenir certains renseignements (ah le Minitel!) et même pour echanger quelques banalités avec des hôteses consentantes, moyennant l'explosion de votre facture téléphonique. On ne remerciera jamais assez les forfaits Adsl illimités pour avoir libéraliser le "free porn" et l'avoir transformé en simple objet de consommation courante. Sur "Atlantique" se côtoient des titres franchements entrainants et d'autres plus dispensables, mais nous vous recommandons l'écoute de "So you" ou "Under the rain" pour vous faire une véritable (bonne) impression. La french touch n'a qu'à bien se tenir.



L'été c'est aussi l'occasion de se retrouver entre amis. Coté retrouvailles joyeuses, rien ne surpassera, pour 2010, le grand barbecue organisé par Sparklehorse et Danger Mouse, qui ont balancé des cartons d'invitations à tout va (Les Flaming Lips, Suzanne Vega, Iggy Pop...) et fait chauffer les merguez. Sauf que cette orgie sonore vire vite au spleen et à la depression anticyclonique et fait fuir même les plus fervents occupants de votre camping local. Tant mieux, c'est bien connu, les vacanciers ont des goûts de cochon et ne savent pas faire la distinction entre un vieux Johnny avarié (y'en a t'il de bon?) et Bob Dylan au sommet de son art. "Dark night of the soul" est un vrai projet artistique crédible et intransigeant, avec un titre aussi sombre que fabuleux sur lequel officie David Lynch himself. Bref, c'est quasiment incontournable.



Et pour rester dans la partouze joyeuse, finissons en beauté avec Dj Shadow qui a eu la bonne idée d'organiser un concours malin : remixer l'un de ses titres, pour finalement selectionner les 17 meilleurs efforts, et en faire un album estival. Tout ça s'appelle The Dj Shadow remix project, et ça fait quand même bien opportuniste, non? Sauf qu'au final on trouve de bons petits trucs sur cette galette, avec une mention particulière, à mon humble avis décisif, pour la version remixée de Missing (des Everything but the Girl, à la base) au petits oignons par Tiger Mendoza. Comme quoi à l'ère du tri selectif et du recyclage, la musique sait elle aussi rester branchée. La semaine prochaine j'essaierais de vous toucher un mot du dernier Arcade Fire, j'attend juste un soir d'orage pour m'y plonger.

  

Katerine à prendre au 4° degré

 

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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 00:01

BD : SPIDER-MAN 127 (Panini comics - En kiosque ce mois)

 

Le Caméléon serait-il un pauvre type sans personnalité? Cela expliquerait bien pourquoi il se cache derrière les masques des individus auxquels il se substitue sans vergogne, depus des lustres, sur les pages d'Amazing Spider-man, le titre phare de Marvel. C'était d'ailleurs déjà lui en 1963, qui jouait le premier vilain historique de la série, à l'époque où Peter Parker fréquentait encore le collège et ses éprouvettes. Certes, on pourrait objecter, au regard de la réalité présente du petit monde de Parker, que pas grand chose n'a changé, en presque 50 ans. Peter est toujours célibataire (il a été marié à une bombe, MJ Watson, mais un pacte malheureux avec le Diable a effacé cette parenthèse conjugale au grand dam des lecteurs du monde entier) et son quotidien est des plus impersonnels : une chambre vide, en colocation, un boulot d'appoint obtenu grâce au piston d'une ancienne collègue, et toujours autant de chaos au niveau des relations amicales et amoureuses. Le sexe dans tout ça? N'en parlons pas, Peter devrait finir par se luxer le poignet, si ce n'est que ses pouvoirs d'homme araignée lui permette vraissemblablement de s'épargner cet affront ultime. Exit l'onanisme, grâce au Caméléon donc, qui se substitue à notre héros (qu'il plonge dans une cuve d'acide. Mais rassurez vous, il en faut plus pour dissoudre une franchise multi millionnaire comme Spider-man) et bouleverse son existence monotone en quelques heures. En usurpant son identité, il va littéralement donner un coup de fouet à ce bon vieux Peter, l'ammenant à coucher avec sa coloc, reloger son meilleur ami (le fils Osborn, pathétique en rejeton friqué mais répudié) et renouer avec son ex femme (MJ) avec qui c'était pour le moins "tendu" jusque là. Fred Van Lente nous offre une version inédite de ce vilain sous-estimé, et en exacerbe et révèle les motivations profondes. C'est drôle et c'est très bien ecrit, tout le fun est pour nous. Un peu moins bon pour ce qui est des dessins, trop académiques, mais il est clair que Atkins surtout, mais aussi Kitson, ne sont pas ce qui se fait de mieux sur le marché des illustrateurs. La dernière partie (épilogue de la saga "Red headed Stranger" commencée le mois dernier sur le numéro 126 de la revue Spider-man) est un ton en dessous, avec des planches ratées et un scénario rocambolesque et infantile, dans la première moitié. Toutefois le climat général de ce numéro 127 est assez réjouissant. Peter est une lopette égoïste, semblent nous dire le Caméléon et le scénariste, qui chacun de leur coté offre au jeune homme l'occasion de se décoincer à son insu. Il nous fera toujours bien rire, notre tisseur de toile des familles.

  

 

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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 00:01

SOCIETE : LE RETOUR DE DOROTHEE

 

Ce n'est pas joli de tirer sur une ambulance. Alors quitte à parler du retour sur les planches de Dorothée, autant évoquer les grandes heures du Club du même nom, de Récré A2, des heures infinies passées à abreuver la jeunesse des eighties de formidables dessins animés (Goldorak), de trouvailles sarcastiques et en avance sur leur temps (Téléchat) mais aussi d'immondes séries nippones où des samouraïs modernes combattaient des "action figure" géantes en pyjamas multicolores (Bioman). Je passe subtilement sur l'époque "Helene et les garçons" qui sonna l'halali d'une épopée à bout de souffle. En novembre et en décembre 2010, Madame Dorothée reprendra du service avec une série de concerts donnés un peu partout en France (avec une halte ultime à Bercy quand même), suite à l'accueil chaleureux reçu lors de son come back à l'Olympia récemment. Et parce qu'il faut bien payer ses impôts, et qu'avec le régime des retraites remis en cause, mieux vaut prévoir que guérir. A ses cotés, on annonce déjà le gratin du show biz nostalgique, des Musclés (amputés de René Morizur qui nous a quitté avant cette mascarade) à Sébastien Roch (Cri cri d'amour est fort heureusement sorti de l'enfer de la coke) en passant bien sur par Jacky, l'homme qui ferait passer Hannibal Lecter pour un moine tibétain équilibré. Les impatients peuvent toujours se délecter de quatre nouveaux clips qui circulent sur le net, dont une consternante "Valise 2010" qui emprunte les chemins du "slam" cher à Grand Corps Malade, qui pour le coup ressemblerait presque à Eminem. Je vous recommande particulièrement "Méfie-toi des garçons" ou Dorothée se la joue "bête des studios" et se dandine entre un couplet et l'autre sans l'aide de son déambulateur. Après ça vous aurez peut être encore envie de revoir l'intégrale de la mythique sitcom "Les filles d'à coté" et son cortège de bonus, qui a tant fait pour libéraliser l'homo sexualité et la gonflette tranquille dans une France jusqu'alors si coincée. Après Freddy et Vendredi 13, le revival à l'asticot putréfié n'a pas encore fini de vous hanter. Planquez donc vos enfants.

 

 

 

http://new.fr.music.yahoo.com/blogs/avatar_de_stars/58355/dorothe-a-tourn-quatre-nouveaux-clips-/

  

Et oui Dorothée 2010 ça fait un peu peur tout de même...

 

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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 00:01

SPORT : L'ESPAGNE IRRESISTIBLE ?

 

Vous l'avez peut être remarqué, les sportifs ibériques ont une tendance récurrente à truster les honneurs et empiler les trophées, ces dernières années. D'Alonso en formule 1 au récent succès de la "roja" au Mondial sudafricain, de Contador (mais aussi d'obscurs tâcherons comme Pereiro ou de rouleurs corrects comme Sastre) sur les routes du Tour aux basketteurs qui sont montés, eux aussi, sur le toit du monde. L'Espagne brille de mille feux, la critique se pame et sort le cirage, et tout ce bel aréopage de louer les vertus d'un système de formation, d'un état d'esprit muy "winner" qui apparemment ne saurait s'acquérir que sur les traces de Cervantes. Ce qui fait qu'on m'a souvent taxé de jalousie (et pourquoi donc?) ou de mauvaise foi, lorsque j'ai eu l'audace de formuler certaines remarques frontales, qui méritent pourtant que nous nous y attardions quelques minutes. A commencer par ce bon vieux dopage, la maitrise de l'entrainement pharmacologique, qui peut transformer un simple canasson asmathique en champion irresistible. Ne riez pas, Floyd Landis a un jour remporté (avant d'être pris la main dans le pot et d'être déchu de son titre) la Grande Boucle. Partout en Europe une véritable politique de lutte contre le dopage est mise en place, encouragée, ou envisagée, sauf en Espagne, où l'embarras et la cécité restent une spécialité nationale. Pour mémoire, la fameuse opération "Puerto" a révélé les travers de la politique sportive ibérique, où le déni confine à l'absurdité et au mépris de la loi et du bon sens. De nombreux athlètes furent convaincus de dopage, preuves à l'appui, mais assez curieusement, alors que les différentes fédérations internationales commençaient à suspendre leurs athlétes, les espagnols faisaient l'autruche, permettant même à Valverde, (pseudo) champion cycliste menteur et tricheur, de poursuivre son activité sur les routes pendant près de deux ans, avant que la pression européenne ne vienne mettre fin au scandale. Les petits poissons passèrent au travers des mailles du filet, que le gouvernement Zapatero n'a jamais vraiment voulu resserer. Certains footballeurs du Real Madrid, institution espagnole s'il en est, semblaient même devoir être mis en cause, mais c'était sans compter sans ... la disparition (!) de certains fichiers, de certains echantillons, qui furent perdus ou contaminés au cours d'une enquête qu'on devine minutieuse et acharnée. Vous ne pensiez tout de même pas que ces résultats épatants étaient obtenus avec un infâme Gazpacho ou des merguez survitaminées?

 

 

Et le doping n'est pas que pharmacologique, il peut être aussi et simplement économique. Si le Real attire toujours autant de champions, chaque année (Kakà, Ronaldo...) et que le Barça casse sa tirelire pour Ibrahimovic ou David Villa, le grand public averti pourrait se demander quelle est la recette pour réussir un tel tour de passe passe alors que les deux géants nagent allégrement dans un océan de dettes qu'ils ne pourront jamais rembourser, entre 300 et 450 millions d'euros par tête de pipe selon les estimations. Pendant que des commissions déontologiques placent des règlent et régulent le marché des transferts un peu partout en Europe, la liga espagnole perdure grâce à un système gagnant et séculaire dit des "deux poids deux mesures". Tant qu'à essayer de gagner, autant prendre de l'avance sur les adversaires quand ils ont le dos tourné. Que feront les clubs espagnols lorsque le "fair play financier" (obligation de ne pas dépenser plus que ce que le club gagne) cher à Platini sera obligatoire pour participer aux prochaines éditions de la poule aux oeufs d'or du foot moderne, la Champions League? La réponse est déjà toute trouvée : corrompre au plus haut niveau pour s'assurer au mieux des passe droits, au pire un délai supplémentaire pour répondre aux critères. Alors oui je l'avoue, l'Espagne sportive me pèse sur les cojones depuis un bon moment, maldicion! Mais s'il en est de ce phénomène comme du mirage économique des années 90 qui voyait en la péninsule ibérique le nouveau pays de cocagne, le nouvel Eldorado où tout était or, même ce qui ne brillait pas, on devrait avoir matière à rire sous cape d'ici peu. Car rappellons le, l'Espagne est au bord de la banqueroute et la crise y sévit avec une virulence telle que même les habitants du Pas de Calais pourraient s'estimer heureux de leur (pauvre) sort entre une fermeture d'usine et l'autre. Plus rude sera la chute. Aye Aye Arriba.

 

Pour les sceptiques qui me taxeraient d'ibérophobie, lire aussi ici :

 

http://humanite.fr/2008-07-19_Sports_-L-Espagne-est-la-plaque-tournante-du-dopage-europeen

  

http://www.programme-presidentiel.com/2009/01/21/1928/

 

 

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